Sciences humaines

Histoire, Sciences politiques, Économie, Géographie, Information et Médias, Linguistique sont autant de champs de la pensée dans lesquels nous vous proposons des collections pour découvrir, réfléchir, apprendre, sur le fonctionnement de nos sociétés, leur passé, leur situation présente et les enjeux qu'elle soulève.

Retrouvez sur cette page nos conseils de lecture et des sélections thématiques pour initier ou approfondir une réflexion dans ces domaines.

Les choix des bibliothécaires

  • Martin Luther King

    Sylvie Laurent, américaniste,  chercheur associée à Harvard et Stanford, professeur à Science-Po, entend  faire redécouvrir un Martin Luther King loin de la figure du pasteur placide en insistant sur la force révolutionnaire de sa pensée.Elle démontre que sa personnalité et son héritage ont été édulcorés et lui rend toute sa radicalité :  C'est l'assassinat de MLK le 4 avril 1968 , faisant de lui un martyr, qui l'a érigé en figure réconciliatrice  faisant oublier tout ce qu'il avait de révolutionnaire et de critique. Il est bien pratique en effet de transformer un activiste dissident en symbole de l'unité nationale.  C'est cet homme que nous fait découvrir Sylvie Laurent : un militant non violent face au racisme certes mais aussi un critique virulent du capitalisme américain et de son impérialisme ainsi que du consumérisme de la société. Ainsi si l'histoire officielle a opposé Malcom X à King ; Sylvie Laurent montre qu'ils se rapprochaient de plus en plus, ce qui ne fut pas sans inquiéter la CIA et le gouvernement. Elle nous le montre idéaliste, mais aussi fin politique ; activiste et intellectuel ; elle le définit enfin comme un révolutionnaire conservateur pour qui l'état est le seul garant de l'égalité.     
  • L'histoire de France vue d'ailleurs

    Ce livre dirigé par Jean-Noël Jeanneney et Jeanne Guérout revisite les grandes dates de l'histoire de France à travers le regard d'historiens étrangers. Cinquante professeurs américains, allemands, italiens, marocains racontent cinquante événements fondateurs de la mythologie française, décentrant le regard et donnant à lire une autre version du récit national.Le 23 octobre 732, victoire de Charles Martel à Poitiers, vu par un historien espagnol est ramené à des proportions qui l’éloignent du choc de civilisations : il s’agit juste d’une victoire sur une petite bande de Sarrasins qui comptaient razzier Poitiers ; ceci sur fond d’alliances et mésalliances : chacun des camps étant alors profondément divisé. Ainsi, le wali berbère Uthman Ibn Naissa, maître de la Septimanie, s'était marié avec la fille du duc Eudes d'Aquitaine allié de Charles Martel.La révocation de l’Édit de Nantes, le 18 octobre 1685, vue par une historienne allemande envisage l’immense vague migratoire qui en découle avec l’arrivée des Huguenots qui stimule l’économie des « états du refuge » et pose aussi la question de l’intégration dans les sociétés d’accueil. C’est un historien russe qui évoque la bataille d’Austerlitz ou plutôt ses conséquences : un triomphe sur une armée retrouvée quasi sans commandement qui n’est plus du tout la même quand démarre la campagne de Russie, en effet, après Austerlitz la revanche devient l’idée fixe de l’ensemble de l’armée russe, avec le succès que l’on sait.Le 3 mai 1936 et la victoire du Front populaire sont vus par un historien suisse qui évoque l’inquiétude des diplomates et des milieux d’affaires craignant que la France ne tombe sous le joug bolchevique.Au fil des pages de ce gros livre dont la lecture est aisée, s’opère un élargissement d’horizon qui permet de revenir sur le « roman national » et finalement de mieux connaître l’histoire de France.
  • L' économie pour toutes

    Dans « Une chambre à soi », Virginia Woolf racontait qu'au XIXe siècle, lorsque les femmes ont commencé à écrire des romans, elles n'avaient à leur disposition qu'une « phrase masculine », «  une phrase non destinée à ce qu'une femme s'en servît ». En serait-il de même dans le monde de l'économie ? Les femmes ont pris place dans la vie économique autrefois réservée aux hommes : elles travaillent, gèrent, décident...et pourtant les sondages qui évaluent la culture économique et financière attestent qu'il existe une gêne spécifiquement féminine à aborder ces sujets. Est-ce parce qu'elles comprennent mal la langue de ceux qui continuent d'expliquer le monde économique comme s'il fonctionnait sans elles. Est-ce parce que cette langue est ennuyeuse, qu'elle choisit parfois délibérément d'être obscure parce que cela la rend plus élitiste? Autant d'hypothèses visitées par les auteures qui entreprennent de changer de décor, de ton, d'approche pour convaincre même les plus réticentes que c'est moins compliqué qu'il n'y paraît, souvent intéressant et surtout indispensable pour comprendre comment  tourne le monde et s'y faire une juste place.
  • La démocratie contre les experts

    Paulin Ismard, maître de conférences à la Sorbonne étudie ici sous un angle neuf la figure de l'esclave public dans la démocratie grecque à Athènes, et en montre l'importance. Nécessaires au bon fonctionnement de la cité les « esclaves publics » sont des experts mais des esclaves. Ainsi les grecs séparaient nettement ce qui concernait le politique réservé aux citoyens de l’administration des affaires publiques confiée à des fonctionnaires de la cité. Pour que les tâches de gestion ne contaminent pas les tâches de décision on choisissait donc ces fonctionnaires parmi les esclaves et non les citoyens. « En confiant des taches d'expertise essentielles à l'administration de la cité à des individus qui en étaient exclus, les Athéniens ne faisaient qu'accomplir une partie du programme démocratique, qui refusait que l'expertise d'un individu puisse légitimer sa prétention au pouvoir ». Il s'agit donc de sélectionner les esclaves les plus capables et de leur donner une formation de haut niveau leur permettant de remplir leur fonction : faire rentrer l’impôt, conserver les archives de la cité... Ces hommes qui ont des responsabilités importantes bénéficient d'un train de vie enviable mais esclaves, ils sont en cas de faute traités comme tels.
  • Palmyre

    Palmyre est une oasis du désert de Syrie, à 210 km au nord-est de Damas. Son nom sémitique, attesté déjà dans les archives de Mari, est Tadmor ou Tedmor. Palmyre fut du Ier siècle au IIIeme siècle la plus grande puissance commerciale du Proche-Orient, prenant le relais de Pétra, cité caravanière des Nabatéens. De Palmyre partaient myrrhe, poivre, ivoire, perles, tissus de luxe pour Rome et Alexandrie.'Ayant eu pour métier l'étude de l'Antiquité gréco-romaine, je n'ai cessé de rencontrer Palmyre sur mon chemin professionnel. Avec la destruction de Palmyre par l'organisation terroriste Daech, tout un pan de notre culture et mon sujet d'étude viennent brutalement de voler en éclat', écrit Paul Veyne, âgé de 85 ans, spécialiste de l' Antiquité et professeur honoraire au Collège de France. 'Pourquoi détruire Palmyre qui était classée par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité', se demande Paul Veyne qui dresse dans ce « tombeau » pour Palmyre le portrait de cette ville que nous ne pourrons plus désormais connaître que par les livres. En fait, explique-t-il 'Palmyre ne ressemblait à aucune autre cité de l'Empire'. 'Que ses notables portent un vêtement grec ou arabe, qu'on y parle l'araméen, l'arabe, le grec et même, dans les grandes occasions, le latin, on sent souffler sur Palmyre un frisson de liberté, de non-conformisme, de multiculturalisme'.
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