Sciences humaines

Histoire, Sciences politiques, Économie, Géographie, Information et Médias, Linguistique sont autant de champs de la pensée dans lesquels nous vous proposons des collections pour découvrir, réfléchir, apprendre, sur le fonctionnement de nos sociétés, leur passé, leur situation présente et les enjeux qu'elle soulève.

Retrouvez sur cette page nos conseils de lecture et des sélections thématiques pour initier ou approfondir une réflexion dans ces domaines.

Les choix des bibliothécaires

  • Les nouveaux utopistes de l'économie

    Pouvons nous changer l'économie à notre insu, en participant à de nouvelles manières de produire, de consommer, d'investir, d'épargner, d'habiter, d'entreprendre et même de voyager. Des manières respectueuses de l'environnement, mais aussi utiles au lien social. C'est l'objet de cet ouvrage qui explore à partir de témoignages vivants et de l'analyse de chercheurs, différentes initiatives qui depuis les années 80 sortent des sentiers de l'économie marchande sans nécessairement s'y opposer.Certaines s'inscrivent dans des courants de pensée explicites (solidarité, économie solidaire), d'autres relèvent du système D, du bricolage ou d'une autre économie qui reste à inventer. Ces initiatives sont l'occasion de renouer avec des valeurs qu'elles tentent de concilier avec la logique économique : équité, solidarité, gratuité, réciprocité, durabilité...Quels enseignements peut-on aujourd'hui tirer de ces nouvelles manières d'envisager l'économie ?
  • L' économie pour toutes

    Dans « Une chambre à soi », Virginia Woolf racontait qu'au XIXe siècle, lorsque les femmes ont commencé à écrire des romans, elles n'avaient à leur disposition qu'une « phrase masculine », «  une phrase non destinée à ce qu'une femme s'en servît ». En serait-il de même dans le monde de l'économie ? Les femmes ont pris place dans la vie économique autrefois réservée aux hommes : elles travaillent, gèrent, décident...et pourtant les sondages qui évaluent la culture économique et financière attestent qu'il existe une gêne spécifiquement féminine à aborder ces sujets. Est-ce parce qu'elles comprennent mal la langue de ceux qui continuent d'expliquer le monde économique comme s'il fonctionnait sans elles. Est-ce parce que cette langue est ennuyeuse, qu'elle choisit parfois délibérément d'être obscure parce que cela la rend plus élitiste? Autant d'hypothèses visitées par les auteures qui entreprennent de changer de décor, de ton, d'approche pour convaincre même les plus réticentes que c'est moins compliqué qu'il n'y paraît, souvent intéressant et surtout indispensable pour comprendre comment  tourne le monde et s'y faire une juste place.
  • L'histoire de France vue d'ailleurs

    Ce livre dirigé par Jean-Noël Jeanneney et Jeanne Guérout revisite les grandes dates de l'histoire de France à travers le regard d'historiens étrangers. Cinquante professeurs américains, allemands, italiens, marocains racontent cinquante événements fondateurs de la mythologie française, décentrant le regard et donnant à lire une autre version du récit national.Le 23 octobre 732, victoire de Charles Martel à Poitiers, vu par un historien espagnol est ramené à des proportions qui l’éloignent du choc de civilisations : il s’agit juste d’une victoire sur une petite bande de Sarrasins qui comptaient razzier Poitiers ; ceci sur fond d’alliances et mésalliances : chacun des camps étant alors profondément divisé. Ainsi, le wali berbère Uthman Ibn Naissa, maître de la Septimanie, s'était marié avec la fille du duc Eudes d'Aquitaine allié de Charles Martel.La révocation de l’Édit de Nantes, le 18 octobre 1685, vue par une historienne allemande envisage l’immense vague migratoire qui en découle avec l’arrivée des Huguenots qui stimule l’économie des « états du refuge » et pose aussi la question de l’intégration dans les sociétés d’accueil. C’est un historien russe qui évoque la bataille d’Austerlitz ou plutôt ses conséquences : un triomphe sur une armée retrouvée quasi sans commandement qui n’est plus du tout la même quand démarre la campagne de Russie, en effet, après Austerlitz la revanche devient l’idée fixe de l’ensemble de l’armée russe, avec le succès que l’on sait.Le 3 mai 1936 et la victoire du Front populaire sont vus par un historien suisse qui évoque l’inquiétude des diplomates et des milieux d’affaires craignant que la France ne tombe sous le joug bolchevique.Au fil des pages de ce gros livre dont la lecture est aisée, s’opère un élargissement d’horizon qui permet de revenir sur le « roman national » et finalement de mieux connaître l’histoire de France.
  • La démocratie contre les experts

    Paulin Ismard, maître de conférences à la Sorbonne étudie ici sous un angle neuf la figure de l'esclave public dans la démocratie grecque à Athènes, et en montre l'importance. Nécessaires au bon fonctionnement de la cité les « esclaves publics » sont des experts mais des esclaves. Ainsi les grecs séparaient nettement ce qui concernait le politique réservé aux citoyens de l’administration des affaires publiques confiée à des fonctionnaires de la cité. Pour que les tâches de gestion ne contaminent pas les tâches de décision on choisissait donc ces fonctionnaires parmi les esclaves et non les citoyens. « En confiant des taches d'expertise essentielles à l'administration de la cité à des individus qui en étaient exclus, les Athéniens ne faisaient qu'accomplir une partie du programme démocratique, qui refusait que l'expertise d'un individu puisse légitimer sa prétention au pouvoir ». Il s'agit donc de sélectionner les esclaves les plus capables et de leur donner une formation de haut niveau leur permettant de remplir leur fonction : faire rentrer l’impôt, conserver les archives de la cité... Ces hommes qui ont des responsabilités importantes bénéficient d'un train de vie enviable mais esclaves, ils sont en cas de faute traités comme tels.
  • L'art de la révolte

    A rebours d'une philosophie critique qui ne jure que par le groupe, l'organisation, le mouvement de masse, pour appréhender le renouveau de l'action et de l'engagement politique – en s'appuyant notamment sur des mouvements collectifs tels que ceux des Indignés, Occupy Wall Street et bien d'autres -, G. de Lagasnerie s'attache lui à étudier comment des actions individuelles, qui font de l'anonymat le préalable à tout engagement dans l'espace public, bouleversent un art de la révolte en redéfinissant la figure même du sujet politique. Déjouant le pouvoir et la responsabilité que celui-ci fait peser sur l'individu, les lanceurs d'alerte – Julian Assange, Edward Snowden et Chelsea Manning sont ici convoqués –  apparaissent,  selon le philosophe, comme de nouvelles figures capables de remodeler la conception classique de l'activité politique par l'aptitude qu'ils démontrent à procéder à leur propre « désujetissement ». Autant de nouveaux modes d'actions qui nous invitent à réinterroger et repenser les notions fondamentales de citoyenneté, d’État, d’appartenance, de prise de parole, d’espace public... Pour découvrir les premières pages du livre, lues par F. Bon, c'est ici.
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