Sciences humaines

Histoire, Sciences politiques, Économie, Géographie, Information et Médias, Linguistique sont autant de champs de la pensée dans lesquels nous vous proposons des collections pour découvrir, réfléchir, apprendre, sur le fonctionnement de nos sociétés, leur passé, leur situation présente et les enjeux qu'elle soulève.

Retrouvez sur cette page nos conseils de lecture et des sélections thématiques pour initier ou approfondir une réflexion dans ces domaines.

Les choix des bibliothécaires

  • Le style paranoïaque

    Lors d’une conférence prononcée à Oxford en 1963, l’historien américain, spécialiste en sciences politiques, Richard Hofstadter (1916-1970) entreprend de faire valoir ses vues sur l’imaginaire du complot dans l’histoire politique des États-Unis. Intitulée 'Le style paranoïaque dans la politique américaine', cette intervention a donné son titre à ce livre-référence. Interpellé à l’époque par la violence du débat politique qui secoue son pays, notamment lors de la virulente campagne menée par les partisans du républicain Barry Goldwater pour les élections présidentielle de 1964, R. Hofstadter remarque que leur discours substitue aux valeurs traditionnelles du débat démocratique -  transparence, rationalité, compromis, modération… - des valeurs qui privilégient le mythe, l’irrationnel, la caricature : le complot devient le moteur de l’Histoire et conspirateurs et boucs émissaires en sont les principaux acteurs. C’est cette attitude collective, élevée en forme « archétypale », que l’auteur qualifie de « style paranoïaque ». Le « style paranoïaque » excède les frontières géographiques américaines ainsi que la partition traditionnelle de l’échiquier politique, puisque l’historien le décèle dans des mouvances de droite comme de gauche. En appréhendant ce phénomène dans une perspective historique, cet ouvrage permet d'identifier les résurgences contemporaines de cette construction du discours politique.
  • Les nouveaux utopistes de l'économie

    Pouvons nous changer l'économie à notre insu, en participant à de nouvelles manières de produire, de consommer, d'investir, d'épargner, d'habiter, d'entreprendre et même de voyager. Des manières respectueuses de l'environnement, mais aussi utiles au lien social. C'est l'objet de cet ouvrage qui explore à partir de témoignages vivants et de l'analyse de chercheurs, différentes initiatives qui depuis les années 80 sortent des sentiers de l'économie marchande sans nécessairement s'y opposer.Certaines s'inscrivent dans des courants de pensée explicites (solidarité, économie solidaire), d'autres relèvent du système D, du bricolage ou d'une autre économie qui reste à inventer. Ces initiatives sont l'occasion de renouer avec des valeurs qu'elles tentent de concilier avec la logique économique : équité, solidarité, gratuité, réciprocité, durabilité...Quels enseignements peut-on aujourd'hui tirer de ces nouvelles manières d'envisager l'économie ?
  • L' économie pour toutes

    Dans « Une chambre à soi », Virginia Woolf racontait qu'au XIXe siècle, lorsque les femmes ont commencé à écrire des romans, elles n'avaient à leur disposition qu'une « phrase masculine », «  une phrase non destinée à ce qu'une femme s'en servît ». En serait-il de même dans le monde de l'économie ? Les femmes ont pris place dans la vie économique autrefois réservée aux hommes : elles travaillent, gèrent, décident...et pourtant les sondages qui évaluent la culture économique et financière attestent qu'il existe une gêne spécifiquement féminine à aborder ces sujets. Est-ce parce qu'elles comprennent mal la langue de ceux qui continuent d'expliquer le monde économique comme s'il fonctionnait sans elles. Est-ce parce que cette langue est ennuyeuse, qu'elle choisit parfois délibérément d'être obscure parce que cela la rend plus élitiste? Autant d'hypothèses visitées par les auteures qui entreprennent de changer de décor, de ton, d'approche pour convaincre même les plus réticentes que c'est moins compliqué qu'il n'y paraît, souvent intéressant et surtout indispensable pour comprendre comment  tourne le monde et s'y faire une juste place.
  • Journal de la mer d'Arabie

    Un voyage hors du commun, de l'île de Socotra, à  la recherche de l'arbre mythique, « le sang-dragon » jusqu'en Inde à bord d'un dhow, immense embarcation en bois d'un autre temps. Reno et Claire Marca voyagent et écrivent des livres car ils aiment raconter des histoires mais avant tout celles des autres. Ils ont fait de leur passion commune pour le dessin, les livres et les horizons lointains un mode de vie. Avec une boîte d'aquarelle, un appareil photo et un carnet de notes, ils vont tout consigner, par la couleur et les mots, pour ne rien oublier et restituer avec précision et sincérité leur quotidien de nomades, leurs rencontres, leurs enthousiasmes et leurs déceptions. Auteurs et illustrateurs indépendants pour l'édition et la presse, ils demeurent toujours soucieux de mettre en avant, à leur manière, la poésie et l'humanité d'un monde si souvent déprécié. Carnet de voyage, reportage graphique, BD ou récit illustré, leur travail est un peu de tout cela à la fois, Reno aimant mêler les modes d’expressions traditionnels (aquarelles, crayon, encre) et les techniques plus contemporaines (photos, palette graphique, vidéos).La liste de leurs ouvrages disponibles dans les bibliothèques de Pantin est ici.Le site Internet sur lequel ils rendent compte de leurs projets est là.
  • Palmyre

    Palmyre est une oasis du désert de Syrie, à 210 km au nord-est de Damas. Son nom sémitique, attesté déjà dans les archives de Mari, est Tadmor ou Tedmor. Palmyre fut du Ier siècle au IIIeme siècle la plus grande puissance commerciale du Proche-Orient, prenant le relais de Pétra, cité caravanière des Nabatéens. De Palmyre partaient myrrhe, poivre, ivoire, perles, tissus de luxe pour Rome et Alexandrie.'Ayant eu pour métier l'étude de l'Antiquité gréco-romaine, je n'ai cessé de rencontrer Palmyre sur mon chemin professionnel. Avec la destruction de Palmyre par l'organisation terroriste Daech, tout un pan de notre culture et mon sujet d'étude viennent brutalement de voler en éclat', écrit Paul Veyne, âgé de 85 ans, spécialiste de l' Antiquité et professeur honoraire au Collège de France. 'Pourquoi détruire Palmyre qui était classée par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité', se demande Paul Veyne qui dresse dans ce « tombeau » pour Palmyre le portrait de cette ville que nous ne pourrons plus désormais connaître que par les livres. En fait, explique-t-il 'Palmyre ne ressemblait à aucune autre cité de l'Empire'. 'Que ses notables portent un vêtement grec ou arabe, qu'on y parle l'araméen, l'arabe, le grec et même, dans les grandes occasions, le latin, on sent souffler sur Palmyre un frisson de liberté, de non-conformisme, de multiculturalisme'.
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