Sciences humaines

Histoire, Sciences politiques, Économie, Géographie, Information et Médias, Linguistique sont autant de champs de la pensée dans lesquels nous vous proposons des collections pour découvrir, réfléchir, apprendre, sur le fonctionnement de nos sociétés, leur passé, leur situation présente et les enjeux qu'elle soulève.

Retrouvez sur cette page nos conseils de lecture et des sélections thématiques pour initier ou approfondir une réflexion dans ces domaines.

Les choix des bibliothécaires

  • L'art de la révolte

    A rebours d'une philosophie critique qui ne jure que par le groupe, l'organisation, le mouvement de masse, pour appréhender le renouveau de l'action et de l'engagement politique – en s'appuyant notamment sur des mouvements collectifs tels que ceux des Indignés, Occupy Wall Street et bien d'autres -, G. de Lagasnerie s'attache lui à étudier comment des actions individuelles, qui font de l'anonymat le préalable à tout engagement dans l'espace public, bouleversent un art de la révolte en redéfinissant la figure même du sujet politique. Déjouant le pouvoir et la responsabilité que celui-ci fait peser sur l'individu, les lanceurs d'alerte – Julian Assange, Edward Snowden et Chelsea Manning sont ici convoqués –  apparaissent,  selon le philosophe, comme de nouvelles figures capables de remodeler la conception classique de l'activité politique par l'aptitude qu'ils démontrent à procéder à leur propre « désujetissement ». Autant de nouveaux modes d'actions qui nous invitent à réinterroger et repenser les notions fondamentales de citoyenneté, d’État, d’appartenance, de prise de parole, d’espace public... Pour découvrir les premières pages du livre, lues par F. Bon, c'est ici.
  • Le style paranoïaque

    Lors d’une conférence prononcée à Oxford en 1963, l’historien américain, spécialiste en sciences politiques, Richard Hofstadter (1916-1970) entreprend de faire valoir ses vues sur l’imaginaire du complot dans l’histoire politique des États-Unis. Intitulée 'Le style paranoïaque dans la politique américaine', cette intervention a donné son titre à ce livre-référence. Interpellé à l’époque par la violence du débat politique qui secoue son pays, notamment lors de la virulente campagne menée par les partisans du républicain Barry Goldwater pour les élections présidentielle de 1964, R. Hofstadter remarque que leur discours substitue aux valeurs traditionnelles du débat démocratique -  transparence, rationalité, compromis, modération… - des valeurs qui privilégient le mythe, l’irrationnel, la caricature : le complot devient le moteur de l’Histoire et conspirateurs et boucs émissaires en sont les principaux acteurs. C’est cette attitude collective, élevée en forme « archétypale », que l’auteur qualifie de « style paranoïaque ». Le « style paranoïaque » excède les frontières géographiques américaines ainsi que la partition traditionnelle de l’échiquier politique, puisque l’historien le décèle dans des mouvances de droite comme de gauche. En appréhendant ce phénomène dans une perspective historique, cet ouvrage permet d'identifier les résurgences contemporaines de cette construction du discours politique.
  • Journal de la mer d'Arabie

    Un voyage hors du commun, de l'île de Socotra, à  la recherche de l'arbre mythique, « le sang-dragon » jusqu'en Inde à bord d'un dhow, immense embarcation en bois d'un autre temps. Reno et Claire Marca voyagent et écrivent des livres car ils aiment raconter des histoires mais avant tout celles des autres. Ils ont fait de leur passion commune pour le dessin, les livres et les horizons lointains un mode de vie. Avec une boîte d'aquarelle, un appareil photo et un carnet de notes, ils vont tout consigner, par la couleur et les mots, pour ne rien oublier et restituer avec précision et sincérité leur quotidien de nomades, leurs rencontres, leurs enthousiasmes et leurs déceptions. Auteurs et illustrateurs indépendants pour l'édition et la presse, ils demeurent toujours soucieux de mettre en avant, à leur manière, la poésie et l'humanité d'un monde si souvent déprécié. Carnet de voyage, reportage graphique, BD ou récit illustré, leur travail est un peu de tout cela à la fois, Reno aimant mêler les modes d’expressions traditionnels (aquarelles, crayon, encre) et les techniques plus contemporaines (photos, palette graphique, vidéos).La liste de leurs ouvrages disponibles dans les bibliothèques de Pantin est ici.Le site Internet sur lequel ils rendent compte de leurs projets est là.
  • La démocratie contre les experts

    Paulin Ismard, maître de conférences à la Sorbonne étudie ici sous un angle neuf la figure de l'esclave public dans la démocratie grecque à Athènes, et en montre l'importance. Nécessaires au bon fonctionnement de la cité les « esclaves publics » sont des experts mais des esclaves. Ainsi les grecs séparaient nettement ce qui concernait le politique réservé aux citoyens de l’administration des affaires publiques confiée à des fonctionnaires de la cité. Pour que les tâches de gestion ne contaminent pas les tâches de décision on choisissait donc ces fonctionnaires parmi les esclaves et non les citoyens. « En confiant des taches d'expertise essentielles à l'administration de la cité à des individus qui en étaient exclus, les Athéniens ne faisaient qu'accomplir une partie du programme démocratique, qui refusait que l'expertise d'un individu puisse légitimer sa prétention au pouvoir ». Il s'agit donc de sélectionner les esclaves les plus capables et de leur donner une formation de haut niveau leur permettant de remplir leur fonction : faire rentrer l’impôt, conserver les archives de la cité... Ces hommes qui ont des responsabilités importantes bénéficient d'un train de vie enviable mais esclaves, ils sont en cas de faute traités comme tels.
  • Palmyre

    Palmyre est une oasis du désert de Syrie, à 210 km au nord-est de Damas. Son nom sémitique, attesté déjà dans les archives de Mari, est Tadmor ou Tedmor. Palmyre fut du Ier siècle au IIIeme siècle la plus grande puissance commerciale du Proche-Orient, prenant le relais de Pétra, cité caravanière des Nabatéens. De Palmyre partaient myrrhe, poivre, ivoire, perles, tissus de luxe pour Rome et Alexandrie.'Ayant eu pour métier l'étude de l'Antiquité gréco-romaine, je n'ai cessé de rencontrer Palmyre sur mon chemin professionnel. Avec la destruction de Palmyre par l'organisation terroriste Daech, tout un pan de notre culture et mon sujet d'étude viennent brutalement de voler en éclat', écrit Paul Veyne, âgé de 85 ans, spécialiste de l' Antiquité et professeur honoraire au Collège de France. 'Pourquoi détruire Palmyre qui était classée par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité', se demande Paul Veyne qui dresse dans ce « tombeau » pour Palmyre le portrait de cette ville que nous ne pourrons plus désormais connaître que par les livres. En fait, explique-t-il 'Palmyre ne ressemblait à aucune autre cité de l'Empire'. 'Que ses notables portent un vêtement grec ou arabe, qu'on y parle l'araméen, l'arabe, le grec et même, dans les grandes occasions, le latin, on sent souffler sur Palmyre un frisson de liberté, de non-conformisme, de multiculturalisme'.
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