Sciences humaines

Histoire, Sciences politiques, Économie, Géographie, Information et Médias, Linguistique sont autant de champs de la pensée dans lesquels nous vous proposons des collections pour découvrir, réfléchir, apprendre, sur le fonctionnement de nos sociétés, leur passé, leur situation présente et les enjeux qu'elle soulève.

Retrouvez sur cette page nos conseils de lecture et des sélections thématiques pour initier ou approfondir une réflexion dans ces domaines.

Les choix des bibliothécaires

  • L'art de la révolte

    A rebours d'une philosophie critique qui ne jure que par le groupe, l'organisation, le mouvement de masse, pour appréhender le renouveau de l'action et de l'engagement politique – en s'appuyant notamment sur des mouvements collectifs tels que ceux des Indignés, Occupy Wall Street et bien d'autres -, G. de Lagasnerie s'attache lui à étudier comment des actions individuelles, qui font de l'anonymat le préalable à tout engagement dans l'espace public, bouleversent un art de la révolte en redéfinissant la figure même du sujet politique. Déjouant le pouvoir et la responsabilité que celui-ci fait peser sur l'individu, les lanceurs d'alerte – Julian Assange, Edward Snowden et Chelsea Manning sont ici convoqués –  apparaissent,  selon le philosophe, comme de nouvelles figures capables de remodeler la conception classique de l'activité politique par l'aptitude qu'ils démontrent à procéder à leur propre « désujetissement ». Autant de nouveaux modes d'actions qui nous invitent à réinterroger et repenser les notions fondamentales de citoyenneté, d’État, d’appartenance, de prise de parole, d’espace public... Pour découvrir les premières pages du livre, lues par F. Bon, c'est ici.
  • Petits spleens numériques

    En 2012 et 2013, Antoine Compagnon a tenu un blog sur le Huffington Post où il décrivait avec humour les travers de notre société numérique. Retrouvez ici l'ensemble de ces chroniques. Caractère décérébrant du Power Point, sentiment d'impuissance suite à l'achat d'un livre numérique sur Amazon, arrivée plus ou moins bien gérée du numérique dans les collèges... On suit les péripéties de cet amateur de nouvelles technologies quadragénaire, qui n'est donc pas né avec mais qui a dû apprendre à vivre avec. Ni apologie naïve, ni critique virulente, cet essai pose un regard plein d'autodérision sur notre capacité, ou non, à nous adapter à ces objets étranges et connectés qui ont débarqué dans nos vies, et dont on a désormais bien du mal à se passer.
  • Le style paranoïaque

    Lors d’une conférence prononcée à Oxford en 1963, l’historien américain, spécialiste en sciences politiques, Richard Hofstadter (1916-1970) entreprend de faire valoir ses vues sur l’imaginaire du complot dans l’histoire politique des États-Unis. Intitulée 'Le style paranoïaque dans la politique américaine', cette intervention a donné son titre à ce livre-référence. Interpellé à l’époque par la violence du débat politique qui secoue son pays, notamment lors de la virulente campagne menée par les partisans du républicain Barry Goldwater pour les élections présidentielle de 1964, R. Hofstadter remarque que leur discours substitue aux valeurs traditionnelles du débat démocratique -  transparence, rationalité, compromis, modération… - des valeurs qui privilégient le mythe, l’irrationnel, la caricature : le complot devient le moteur de l’Histoire et conspirateurs et boucs émissaires en sont les principaux acteurs. C’est cette attitude collective, élevée en forme « archétypale », que l’auteur qualifie de « style paranoïaque ». Le « style paranoïaque » excède les frontières géographiques américaines ainsi que la partition traditionnelle de l’échiquier politique, puisque l’historien le décèle dans des mouvances de droite comme de gauche. En appréhendant ce phénomène dans une perspective historique, cet ouvrage permet d'identifier les résurgences contemporaines de cette construction du discours politique.
  • L' économie pour toutes

    Dans « Une chambre à soi », Virginia Woolf racontait qu'au XIXe siècle, lorsque les femmes ont commencé à écrire des romans, elles n'avaient à leur disposition qu'une « phrase masculine », «  une phrase non destinée à ce qu'une femme s'en servît ». En serait-il de même dans le monde de l'économie ? Les femmes ont pris place dans la vie économique autrefois réservée aux hommes : elles travaillent, gèrent, décident...et pourtant les sondages qui évaluent la culture économique et financière attestent qu'il existe une gêne spécifiquement féminine à aborder ces sujets. Est-ce parce qu'elles comprennent mal la langue de ceux qui continuent d'expliquer le monde économique comme s'il fonctionnait sans elles. Est-ce parce que cette langue est ennuyeuse, qu'elle choisit parfois délibérément d'être obscure parce que cela la rend plus élitiste? Autant d'hypothèses visitées par les auteures qui entreprennent de changer de décor, de ton, d'approche pour convaincre même les plus réticentes que c'est moins compliqué qu'il n'y paraît, souvent intéressant et surtout indispensable pour comprendre comment  tourne le monde et s'y faire une juste place.
  • Palmyre

    Palmyre est une oasis du désert de Syrie, à 210 km au nord-est de Damas. Son nom sémitique, attesté déjà dans les archives de Mari, est Tadmor ou Tedmor. Palmyre fut du Ier siècle au IIIeme siècle la plus grande puissance commerciale du Proche-Orient, prenant le relais de Pétra, cité caravanière des Nabatéens. De Palmyre partaient myrrhe, poivre, ivoire, perles, tissus de luxe pour Rome et Alexandrie.'Ayant eu pour métier l'étude de l'Antiquité gréco-romaine, je n'ai cessé de rencontrer Palmyre sur mon chemin professionnel. Avec la destruction de Palmyre par l'organisation terroriste Daech, tout un pan de notre culture et mon sujet d'étude viennent brutalement de voler en éclat', écrit Paul Veyne, âgé de 85 ans, spécialiste de l' Antiquité et professeur honoraire au Collège de France. 'Pourquoi détruire Palmyre qui était classée par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité', se demande Paul Veyne qui dresse dans ce « tombeau » pour Palmyre le portrait de cette ville que nous ne pourrons plus désormais connaître que par les livres. En fait, explique-t-il 'Palmyre ne ressemblait à aucune autre cité de l'Empire'. 'Que ses notables portent un vêtement grec ou arabe, qu'on y parle l'araméen, l'arabe, le grec et même, dans les grandes occasions, le latin, on sent souffler sur Palmyre un frisson de liberté, de non-conformisme, de multiculturalisme'.
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