Sciences humaines

Histoire, Sciences politiques, Économie, Géographie, Information et Médias, Linguistique sont autant de champs de la pensée dans lesquels nous vous proposons des collections pour découvrir, réfléchir, apprendre, sur le fonctionnement de nos sociétés, leur passé, leur situation présente et les enjeux qu'elle soulève.

Retrouvez sur cette page nos conseils de lecture et des sélections thématiques pour initier ou approfondir une réflexion dans ces domaines.

Les choix des bibliothécaires

  • L' économie pour toutes

    Dans « Une chambre à soi », Virginia Woolf racontait qu'au XIXe siècle, lorsque les femmes ont commencé à écrire des romans, elles n'avaient à leur disposition qu'une « phrase masculine », «  une phrase non destinée à ce qu'une femme s'en servît ». En serait-il de même dans le monde de l'économie ? Les femmes ont pris place dans la vie économique autrefois réservée aux hommes : elles travaillent, gèrent, décident...et pourtant les sondages qui évaluent la culture économique et financière attestent qu'il existe une gêne spécifiquement féminine à aborder ces sujets. Est-ce parce qu'elles comprennent mal la langue de ceux qui continuent d'expliquer le monde économique comme s'il fonctionnait sans elles. Est-ce parce que cette langue est ennuyeuse, qu'elle choisit parfois délibérément d'être obscure parce que cela la rend plus élitiste? Autant d'hypothèses visitées par les auteures qui entreprennent de changer de décor, de ton, d'approche pour convaincre même les plus réticentes que c'est moins compliqué qu'il n'y paraît, souvent intéressant et surtout indispensable pour comprendre comment  tourne le monde et s'y faire une juste place.
  • Martin Luther King

    Sylvie Laurent, américaniste,  chercheur associée à Harvard et Stanford, professeur à Science-Po, entend  faire redécouvrir un Martin Luther King loin de la figure du pasteur placide en insistant sur la force révolutionnaire de sa pensée.Elle démontre que sa personnalité et son héritage ont été édulcorés et lui rend toute sa radicalité :  C'est l'assassinat de MLK le 4 avril 1968 , faisant de lui un martyr, qui l'a érigé en figure réconciliatrice  faisant oublier tout ce qu'il avait de révolutionnaire et de critique. Il est bien pratique en effet de transformer un activiste dissident en symbole de l'unité nationale.  C'est cet homme que nous fait découvrir Sylvie Laurent : un militant non violent face au racisme certes mais aussi un critique virulent du capitalisme américain et de son impérialisme ainsi que du consumérisme de la société. Ainsi si l'histoire officielle a opposé Malcom X à King ; Sylvie Laurent montre qu'ils se rapprochaient de plus en plus, ce qui ne fut pas sans inquiéter la CIA et le gouvernement. Elle nous le montre idéaliste, mais aussi fin politique ; activiste et intellectuel ; elle le définit enfin comme un révolutionnaire conservateur pour qui l'état est le seul garant de l'égalité.     
  • L'art de la révolte

    A rebours d'une philosophie critique qui ne jure que par le groupe, l'organisation, le mouvement de masse, pour appréhender le renouveau de l'action et de l'engagement politique – en s'appuyant notamment sur des mouvements collectifs tels que ceux des Indignés, Occupy Wall Street et bien d'autres -, G. de Lagasnerie s'attache lui à étudier comment des actions individuelles, qui font de l'anonymat le préalable à tout engagement dans l'espace public, bouleversent un art de la révolte en redéfinissant la figure même du sujet politique. Déjouant le pouvoir et la responsabilité que celui-ci fait peser sur l'individu, les lanceurs d'alerte – Julian Assange, Edward Snowden et Chelsea Manning sont ici convoqués –  apparaissent,  selon le philosophe, comme de nouvelles figures capables de remodeler la conception classique de l'activité politique par l'aptitude qu'ils démontrent à procéder à leur propre « désujetissement ». Autant de nouveaux modes d'actions qui nous invitent à réinterroger et repenser les notions fondamentales de citoyenneté, d’État, d’appartenance, de prise de parole, d’espace public... Pour découvrir les premières pages du livre, lues par F. Bon, c'est ici.
  • La démocratie contre les experts

    Paulin Ismard, maître de conférences à la Sorbonne étudie ici sous un angle neuf la figure de l'esclave public dans la démocratie grecque à Athènes, et en montre l'importance. Nécessaires au bon fonctionnement de la cité les « esclaves publics » sont des experts mais des esclaves. Ainsi les grecs séparaient nettement ce qui concernait le politique réservé aux citoyens de l’administration des affaires publiques confiée à des fonctionnaires de la cité. Pour que les tâches de gestion ne contaminent pas les tâches de décision on choisissait donc ces fonctionnaires parmi les esclaves et non les citoyens. « En confiant des taches d'expertise essentielles à l'administration de la cité à des individus qui en étaient exclus, les Athéniens ne faisaient qu'accomplir une partie du programme démocratique, qui refusait que l'expertise d'un individu puisse légitimer sa prétention au pouvoir ». Il s'agit donc de sélectionner les esclaves les plus capables et de leur donner une formation de haut niveau leur permettant de remplir leur fonction : faire rentrer l’impôt, conserver les archives de la cité... Ces hommes qui ont des responsabilités importantes bénéficient d'un train de vie enviable mais esclaves, ils sont en cas de faute traités comme tels.
  • Le style paranoïaque

    Lors d’une conférence prononcée à Oxford en 1963, l’historien américain, spécialiste en sciences politiques, Richard Hofstadter (1916-1970) entreprend de faire valoir ses vues sur l’imaginaire du complot dans l’histoire politique des États-Unis. Intitulée 'Le style paranoïaque dans la politique américaine', cette intervention a donné son titre à ce livre-référence. Interpellé à l’époque par la violence du débat politique qui secoue son pays, notamment lors de la virulente campagne menée par les partisans du républicain Barry Goldwater pour les élections présidentielle de 1964, R. Hofstadter remarque que leur discours substitue aux valeurs traditionnelles du débat démocratique -  transparence, rationalité, compromis, modération… - des valeurs qui privilégient le mythe, l’irrationnel, la caricature : le complot devient le moteur de l’Histoire et conspirateurs et boucs émissaires en sont les principaux acteurs. C’est cette attitude collective, élevée en forme « archétypale », que l’auteur qualifie de « style paranoïaque ». Le « style paranoïaque » excède les frontières géographiques américaines ainsi que la partition traditionnelle de l’échiquier politique, puisque l’historien le décèle dans des mouvances de droite comme de gauche. En appréhendant ce phénomène dans une perspective historique, cet ouvrage permet d'identifier les résurgences contemporaines de cette construction du discours politique.
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