Sciences humaines

Histoire, Sciences politiques, Économie, Géographie, Information et Médias, Linguistique sont autant de champs de la pensée dans lesquels nous vous proposons des collections pour découvrir, réfléchir, apprendre, sur le fonctionnement de nos sociétés, leur passé, leur situation présente et les enjeux qu'elle soulève.

Retrouvez sur cette page nos conseils de lecture et des sélections thématiques pour initier ou approfondir une réflexion dans ces domaines.

Les choix des bibliothécaires

  • La démocratie contre les experts

    Paulin Ismard, maître de conférences à la Sorbonne étudie ici sous un angle neuf la figure de l'esclave public dans la démocratie grecque à Athènes, et en montre l'importance. Nécessaires au bon fonctionnement de la cité les « esclaves publics » sont des experts mais des esclaves. Ainsi les grecs séparaient nettement ce qui concernait le politique réservé aux citoyens de l’administration des affaires publiques confiée à des fonctionnaires de la cité. Pour que les tâches de gestion ne contaminent pas les tâches de décision on choisissait donc ces fonctionnaires parmi les esclaves et non les citoyens. « En confiant des taches d'expertise essentielles à l'administration de la cité à des individus qui en étaient exclus, les Athéniens ne faisaient qu'accomplir une partie du programme démocratique, qui refusait que l'expertise d'un individu puisse légitimer sa prétention au pouvoir ». Il s'agit donc de sélectionner les esclaves les plus capables et de leur donner une formation de haut niveau leur permettant de remplir leur fonction : faire rentrer l’impôt, conserver les archives de la cité... Ces hommes qui ont des responsabilités importantes bénéficient d'un train de vie enviable mais esclaves, ils sont en cas de faute traités comme tels.
  • Journal de la mer d'Arabie

    Un voyage hors du commun, de l'île de Socotra, à  la recherche de l'arbre mythique, « le sang-dragon » jusqu'en Inde à bord d'un dhow, immense embarcation en bois d'un autre temps. Reno et Claire Marca voyagent et écrivent des livres car ils aiment raconter des histoires mais avant tout celles des autres. Ils ont fait de leur passion commune pour le dessin, les livres et les horizons lointains un mode de vie. Avec une boîte d'aquarelle, un appareil photo et un carnet de notes, ils vont tout consigner, par la couleur et les mots, pour ne rien oublier et restituer avec précision et sincérité leur quotidien de nomades, leurs rencontres, leurs enthousiasmes et leurs déceptions. Auteurs et illustrateurs indépendants pour l'édition et la presse, ils demeurent toujours soucieux de mettre en avant, à leur manière, la poésie et l'humanité d'un monde si souvent déprécié. Carnet de voyage, reportage graphique, BD ou récit illustré, leur travail est un peu de tout cela à la fois, Reno aimant mêler les modes d’expressions traditionnels (aquarelles, crayon, encre) et les techniques plus contemporaines (photos, palette graphique, vidéos).La liste de leurs ouvrages disponibles dans les bibliothèques de Pantin est ici.Le site Internet sur lequel ils rendent compte de leurs projets est là.
  • L'histoire de France vue d'ailleurs

    Ce livre dirigé par Jean-Noël Jeanneney et Jeanne Guérout revisite les grandes dates de l'histoire de France à travers le regard d'historiens étrangers. Cinquante professeurs américains, allemands, italiens, marocains racontent cinquante événements fondateurs de la mythologie française, décentrant le regard et donnant à lire une autre version du récit national.Le 23 octobre 732, victoire de Charles Martel à Poitiers, vu par un historien espagnol est ramené à des proportions qui l’éloignent du choc de civilisations : il s’agit juste d’une victoire sur une petite bande de Sarrasins qui comptaient razzier Poitiers ; ceci sur fond d’alliances et mésalliances : chacun des camps étant alors profondément divisé. Ainsi, le wali berbère Uthman Ibn Naissa, maître de la Septimanie, s'était marié avec la fille du duc Eudes d'Aquitaine allié de Charles Martel.La révocation de l’Édit de Nantes, le 18 octobre 1685, vue par une historienne allemande envisage l’immense vague migratoire qui en découle avec l’arrivée des Huguenots qui stimule l’économie des « états du refuge » et pose aussi la question de l’intégration dans les sociétés d’accueil. C’est un historien russe qui évoque la bataille d’Austerlitz ou plutôt ses conséquences : un triomphe sur une armée retrouvée quasi sans commandement qui n’est plus du tout la même quand démarre la campagne de Russie, en effet, après Austerlitz la revanche devient l’idée fixe de l’ensemble de l’armée russe, avec le succès que l’on sait.Le 3 mai 1936 et la victoire du Front populaire sont vus par un historien suisse qui évoque l’inquiétude des diplomates et des milieux d’affaires craignant que la France ne tombe sous le joug bolchevique.Au fil des pages de ce gros livre dont la lecture est aisée, s’opère un élargissement d’horizon qui permet de revenir sur le « roman national » et finalement de mieux connaître l’histoire de France.
  • Martin Luther King

    Sylvie Laurent, américaniste,  chercheur associée à Harvard et Stanford, professeur à Science-Po, entend  faire redécouvrir un Martin Luther King loin de la figure du pasteur placide en insistant sur la force révolutionnaire de sa pensée.Elle démontre que sa personnalité et son héritage ont été édulcorés et lui rend toute sa radicalité :  C'est l'assassinat de MLK le 4 avril 1968 , faisant de lui un martyr, qui l'a érigé en figure réconciliatrice  faisant oublier tout ce qu'il avait de révolutionnaire et de critique. Il est bien pratique en effet de transformer un activiste dissident en symbole de l'unité nationale.  C'est cet homme que nous fait découvrir Sylvie Laurent : un militant non violent face au racisme certes mais aussi un critique virulent du capitalisme américain et de son impérialisme ainsi que du consumérisme de la société. Ainsi si l'histoire officielle a opposé Malcom X à King ; Sylvie Laurent montre qu'ils se rapprochaient de plus en plus, ce qui ne fut pas sans inquiéter la CIA et le gouvernement. Elle nous le montre idéaliste, mais aussi fin politique ; activiste et intellectuel ; elle le définit enfin comme un révolutionnaire conservateur pour qui l'état est le seul garant de l'égalité.     
  • Petits spleens numériques

    En 2012 et 2013, Antoine Compagnon a tenu un blog sur le Huffington Post où il décrivait avec humour les travers de notre société numérique. Retrouvez ici l'ensemble de ces chroniques. Caractère décérébrant du Power Point, sentiment d'impuissance suite à l'achat d'un livre numérique sur Amazon, arrivée plus ou moins bien gérée du numérique dans les collèges... On suit les péripéties de cet amateur de nouvelles technologies quadragénaire, qui n'est donc pas né avec mais qui a dû apprendre à vivre avec. Ni apologie naïve, ni critique virulente, cet essai pose un regard plein d'autodérision sur notre capacité, ou non, à nous adapter à ces objets étranges et connectés qui ont débarqué dans nos vies, et dont on a désormais bien du mal à se passer.
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