Sciences humaines

Histoire, Sciences politiques, Économie, Géographie, Information et Médias, Linguistique sont autant de champs de la pensée dans lesquels nous vous proposons des collections pour découvrir, réfléchir, apprendre, sur le fonctionnement de nos sociétés, leur passé, leur situation présente et les enjeux qu'elle soulève.

Retrouvez sur cette page nos conseils de lecture et des sélections thématiques pour initier ou approfondir une réflexion dans ces domaines.

Les choix des bibliothécaires

  • Palmyre

    Palmyre est une oasis du désert de Syrie, à 210 km au nord-est de Damas. Son nom sémitique, attesté déjà dans les archives de Mari, est Tadmor ou Tedmor. Palmyre fut du Ier siècle au IIIeme siècle la plus grande puissance commerciale du Proche-Orient, prenant le relais de Pétra, cité caravanière des Nabatéens. De Palmyre partaient myrrhe, poivre, ivoire, perles, tissus de luxe pour Rome et Alexandrie.'Ayant eu pour métier l'étude de l'Antiquité gréco-romaine, je n'ai cessé de rencontrer Palmyre sur mon chemin professionnel. Avec la destruction de Palmyre par l'organisation terroriste Daech, tout un pan de notre culture et mon sujet d'étude viennent brutalement de voler en éclat', écrit Paul Veyne, âgé de 85 ans, spécialiste de l' Antiquité et professeur honoraire au Collège de France. 'Pourquoi détruire Palmyre qui était classée par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité', se demande Paul Veyne qui dresse dans ce « tombeau » pour Palmyre le portrait de cette ville que nous ne pourrons plus désormais connaître que par les livres. En fait, explique-t-il 'Palmyre ne ressemblait à aucune autre cité de l'Empire'. 'Que ses notables portent un vêtement grec ou arabe, qu'on y parle l'araméen, l'arabe, le grec et même, dans les grandes occasions, le latin, on sent souffler sur Palmyre un frisson de liberté, de non-conformisme, de multiculturalisme'.
  • L'histoire de France vue d'ailleurs

    Ce livre dirigé par Jean-Noël Jeanneney et Jeanne Guérout revisite les grandes dates de l'histoire de France à travers le regard d'historiens étrangers. Cinquante professeurs américains, allemands, italiens, marocains racontent cinquante événements fondateurs de la mythologie française, décentrant le regard et donnant à lire une autre version du récit national. Le 23 octobre 732, victoire de Charles Martel à Poitiers, vu par un historien espagnol est ramené à des proportions qui l’éloignent du choc de civilisations : il s’agit juste d’une victoire sur une petite bande de Sarrasins qui comptaient razzier Poitiers ; ceci sur fond d’alliances et mésalliances : chacun des camps étant alors profondément divisé. Ainsi, le wali berbère Uthman Ibn Naissa, maître de la Septimanie, s'était marié avec la fille du duc Eudes d'Aquitaine allié de Charles Martel. La révocation de l’Édit de Nantes, le 18 octobre 1685, vue par une historienne allemande envisage l’immense vague migratoire qui en découle avec l’arrivée des Huguenots qui stimule l’économie des « états du refuge » et pose aussi la question de l’intégration dans les sociétés d’accueil. C’est un historien russe qui évoque la bataille d’Austerlitz ou plutôt ses conséquences : un triomphe sur une armée retrouvée quasi sans commandement qui n’est plus du tout la même quand démarre la campagne de Russie, en effet, après Austerlitz la revanche devient l’idée fixe de l’ensemble de l’armée russe, avec le succès que l’on sait. Le 3 mai 1936 et la victoire du Front populaire sont vus par un historien suisse qui évoque l’inquiétude des diplomates et des milieux d’affaires craignant que la France ne tombe sous le joug bolchevique. Au fil des pages de ce gros livre dont la lecture est aisée, s’opère un élargissement d’horizon qui permet de revenir sur le « roman national » et finalement de mieux connaître l’histoire de France.
  • Le style paranoïaque

    Lors d’une conférence prononcée à Oxford en 1963, l’historien américain, spécialiste en sciences politiques, Richard Hofstadter (1916-1970) entreprend de faire valoir ses vues sur l’imaginaire du complot dans l’histoire politique des États-Unis. Intitulée 'Le style paranoïaque dans la politique américaine', cette intervention a donné son titre à ce livre-référence. Interpellé à l’époque par la violence du débat politique qui secoue son pays, notamment lors de la virulente campagne menée par les partisans du républicain Barry Goldwater pour les élections présidentielle de 1964, R. Hofstadter remarque que leur discours substitue aux valeurs traditionnelles du débat démocratique -  transparence, rationalité, compromis, modération… - des valeurs qui privilégient le mythe, l’irrationnel, la caricature : le complot devient le moteur de l’Histoire et conspirateurs et boucs émissaires en sont les principaux acteurs. C’est cette attitude collective, élevée en forme « archétypale », que l’auteur qualifie de « style paranoïaque ». Le « style paranoïaque » excède les frontières géographiques américaines ainsi que la partition traditionnelle de l’échiquier politique, puisque l’historien le décèle dans des mouvances de droite comme de gauche. En appréhendant ce phénomène dans une perspective historique, cet ouvrage permet d'identifier les résurgences contemporaines de cette construction du discours politique.
  • L'art de la révolte

    A rebours d'une philosophie critique qui ne jure que par le groupe, l'organisation, le mouvement de masse, pour appréhender le renouveau de l'action et de l'engagement politique – en s'appuyant notamment sur des mouvements collectifs tels que ceux des Indignés, Occupy Wall Street et bien d'autres -, G. de Lagasnerie s'attache lui à étudier comment des actions individuelles, qui font de l'anonymat le préalable à tout engagement dans l'espace public, bouleversent un art de la révolte en redéfinissant la figure même du sujet politique. Déjouant le pouvoir et la responsabilité que celui-ci fait peser sur l'individu, les lanceurs d'alerte – Julian Assange, Edward Snowden et Chelsea Manning sont ici convoqués –  apparaissent,  selon le philosophe, comme de nouvelles figures capables de remodeler la conception classique de l'activité politique par l'aptitude qu'ils démontrent à procéder à leur propre « désujetissement ». Autant de nouveaux modes d'actions qui nous invitent à réinterroger et repenser les notions fondamentales de citoyenneté, d’État, d’appartenance, de prise de parole, d’espace public... Pour découvrir les premières pages du livre, lues par F. Bon, c'est ici.
  • Journal de la mer d'Arabie

    Un voyage hors du commun, de l'île de Socotra, à  la recherche de l'arbre mythique, « le sang-dragon » jusqu'en Inde à bord d'un dhow, immense embarcation en bois d'un autre temps. Reno et Claire Marca voyagent et écrivent des livres car ils aiment raconter des histoires mais avant tout celles des autres. Ils ont fait de leur passion commune pour le dessin, les livres et les horizons lointains un mode de vie. Avec une boîte d'aquarelle, un appareil photo et un carnet de notes, ils vont tout consigner, par la couleur et les mots, pour ne rien oublier et restituer avec précision et sincérité leur quotidien de nomades, leurs rencontres, leurs enthousiasmes et leurs déceptions. Auteurs et illustrateurs indépendants pour l'édition et la presse, ils demeurent toujours soucieux de mettre en avant, à leur manière, la poésie et l'humanité d'un monde si souvent déprécié. Carnet de voyage, reportage graphique, BD ou récit illustré, leur travail est un peu de tout cela à la fois, Reno aimant mêler les modes d’expressions traditionnels (aquarelles, crayon, encre) et les techniques plus contemporaines (photos, palette graphique, vidéos).La liste de leurs ouvrages disponibles dans les bibliothèques de Pantin est ici.Le site Internet sur lequel ils rendent compte de leurs projets est là.
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