Individu et Société

Dans ce pôle vous trouverez des documents relatifs à l'individu en tant que membre d'une société et d'une culture.  Ces ouvrages proposent des pistes de réflexion sur ce qui fait la complexité de l'individu pris à la fois dans des déterminations biologiques et culturelles, et pourtant singulier.

Le questionnement des rapports que l'individu entretien avec son environnement, sur les relations de l'individu dans la société dans laquelle il s'inscrit, la découverte des autres cultures, l'interrogation sur l'individu à la fois différent de tous les autres hommes et cependant semblable à tous les hommes, sont au coeur des documents sélectionnés et mis à votre disposition sur le réseau des bibliothèques de Pantin.

 

Le pôle documentaire Individu & Société s'organise autour des domaines : Education ; Ethnologie ; Philosophie ; Psychologie ; Sociologie.

Les choix des bibliothécaires

  • Esquisses

    Les cinquante études qui composent cet ouvrage, modeste par sa taille, se nourrissent des multiples travaux antérieurs - sur la philosophie d'Extrême-Orient (et tout particulièrement sur Tchouang-Tseu), sur la traduction, sur l’art de l’écriture chinoise etc. -  de l’éminent sinologue suisse. D'un geste, J. F. Billeter parvient à les embrasser pour nous livrer le fruit de sa pensée et nous faire partager la nécessité et l'urgence d’un changement de regard sur un monde qu'il décrit comme étant au bord de l’effondrement. Mais si la catastrophe est imminente, l’apitoiement et la complaisance ne sont pas de mise. En posant un diagnostic aussi clairvoyant que sévère sur le devenir de notre civilisation, c’est avec une simplicité qui ne sacrifie en rien à l’érudition (c’est peut-être même la marque de celle-ci) que l’auteur esquisse une nouvelle théorie du sujet - reprenant le projet de civilisation là où l'avait laissé les Lumières - qui permettrait d'entrevoir une sortie de l’impasse dans laquelle la modernité s'est enfermée. La tâche est colossale, certes, mais la démonstration brillante. En somme, en liant la théorie à la praxis, le concept à la vie, tout comme le firent Pierre Hadot et Michel Foucault avant lui, ce que nous livre Billeter n'est rien d'autre qu'un chemin permettant l'accès à une nouvelle anthropologie, une nouvelle éthique de l'existence.
  • La neuroéducation

    Ce livre propose des pistes de réflexion nourries des dernières recherches en neuro-science concernant plus particulièrement la mémoire et son rôle dans les apprentissages, du nourrisson à l'adolescence. Les nouvelles technologie permettant de démontrer la plasticité cérébrale, les travaux de recherche en neuroscience foisonnent. Ces études de pointe ont des applications concrètes dans l’appréhension des processus engagés dans l’apprentissage. Comment la mémoire fonctionne-t-elle ? Comment se développe-t-elle au cours de l'enfance et de l'adolescence ? Quel impact les nouvelles technologies de l'information et de la communication ont-elles  en modifiant profondèment le contexte des apprentissages ?Organisé en six chapitres, illustrés par des situations concrètes, ce livre est accessible à tous. Il traite tout d'abord de l'état des connaissances sur les mécanismes de la mémoire aujourd'hui. Puis, il donne des indications pratiques en terme éducatifs et pédagogiques, en abordant également les cas d'enfants confrontés à des difficultés d'apprentissage.Un ouvrage très instructif, tout en restant prudent face aux limites des neurosciences et à l'envie de donner des « recettes » aux enseignants pour optimiser les acquisitions. La neuroéducation ou neuropédagogie s’annonce passionnante pour interroger, nourrir et renouveler les pratiques pédagogiques au service de tous les élèves.
  • Sidérer, considérer

    Septembre 2015. Un camp de migrants, de réfugiés – comment les nommer ? – s'établit durant quelques mois sur le quai d'Austerlitz, à Paris. Ce camp de fortune, fait de bric et de broc et bâti à la hâte, avec les moyens du bord, cohabite avec une boîte de nuit branchée, le Wanderlust, et la Cité de la Mode et du Design, dont il vient habiller les soubassements laissés ordinairement à nu. Cette image incongrue, vite balayée cependant par les forces de police qui viendront défaire puis nettoyer les traces de ce voisinage impropre, interpelle Marielle Macé, qui décide alors de se pencher sur ces vies, sur ce camp « discret, mal visible, peu médiatisé », sis en en marge de la ville, sur les bords de la Seine, ces « bords en plein centre, bords internes de la ville… bords de la visibilité, bords du temps. »Convoquant tour à tour les mots de W. G. Sebald, de Walter Benjamin, de Jacques Derrida, de Judith Butler ou encore de poètes comme Francis Ponge – qui ont tenté, chacun à leur manière, par delà la sidération qui leur était commune, de faire dire, de faire voir, ces existences et ces situations où l'humain, tel un rebut, est tenu hors de l'humain –, Marielle Macé choisit de dépasser le sentiment de sidération et d'indignation auquel invite bien souvent le traitement médiatique de cette question, pour repenser, au moyen de la littérature, le langage, l'acte, le geste de l'hospitalité. Car à défaut de réparer des vies, la littérature a, pour le moins, le pouvoir de réparer le langage et la parole.Dans ce texte d'intervention, qui tente de redéfinir une politique du care en faisant de la littérature la décision d'un agir, l'auteur affirme avec force la nécessité de considérer ces êtres mis au ban – du droit, de la ville, du temps. Considérer pour nommer, donner à voir et à entendre, et résister à ce cercle vicieux par lequel une part de l'humanité, désignée comme un agrégat de singularités quelconques, est réduite à la vie nue. Considérer donc, pour s'arracher à la sidération, bien trop aveugle. Considérer encore, pour que cette reconnaissance linguistique s’actualise dans une reconnaissance politique, un mouvement de légitimation qui ferait de ces vies minuscules, des vies majuscules, pour parler comme Pierre Michon. Considérer enfin, pour que se substitue au traitement humanitaire de cette « humanité rebut à gérer, placer, déplacer », la justice et le droit ; ainsi que le revendique le PEROU (Pôle d'Exploration des Ressources Urbaines), cette association dont l'action sociale et architecturale se déploie dans les camps, bidonvilles et autres jungles, et dont l'auteur se fait l'écho. En finir présentement avec l'idée de cet au-delà, cet Autre cantonné à un en-deçà, c'est ainsi faire en sorte que les migrants ne soient plus un sujet parmi d'autres de l'espace médiatique, mais deviennent sujets, singularités, le particulier de tout vivant, le lieu, l'être-là où le « droit à la ville » se formule et s'actualise.
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