Fiction

Le fonds fiction des bibliothèques de Pantin vous invite à la lecture de textes classiques et contemporains de tous les pays.

Romans, bandes-dessinées, poésie, théâtre et textes critiques sont choisis pour vous permettre de découvrir la richesse des créations littéraires.

Pour bénéficier d'un confort visuel des livres en grands caractères sont à votre disposition. Et pour passer la frontière des genres, une sélection de livres lus vous permet d'entendre les interprétations de référence ainsi que des DVD que vous trouverez au nom de l'auteur de fiction dont ils sont adaptés.

Les choix des bibliothécaires

  • Miss Roumanie

    Le roman de Cezar Petrescu (1892-1961), que beaucoup comparent à un Marcel Aymé roumain, a été écrit dans les années 30. Son écriture est agile et poétique et dégage un parfum de profonde mélancolie parfaitement rendu par la traduction de J.-L. Courriol, spécialiste de la littérature roumaine. Les péripéties de cette chronique de mœurs absolument moderne débutent dans la bourgade de Trifouillis-les-Choux, où le journal L’Illustration colorée organise un concours de beauté pour contrer son concurrent. Avec un humour incomparable, l'auteur propose une satire jubilatoire des concours de beauté. Il en fait le symbole de l’avilissement joyeux d’une société qui n’a d’autre souci que de s’amuser après les horreurs de la Première Guerre mondiale. Les personnages sont tour à tour ridicules, odieux, cyniques ou stupides mais jamais ennuyeux. Margareta Lalouche, que son entourage prénomme affectueusement Génissette, en hommage à son intelligence (!) est une jeune provinciale devenue Miss de sa petite ville, puis Miss nationale. Son fiancé Olympiodor Chouravet, poète-cheminot, la noie sous une tonne de missives qu’elle ne prend même pas la peine de lire et va faire, avec elle, le voyage jusqu’à Bucarest pour le plus important moment de leur existence.
  • Tebori

    Jeune délinquant, Yoshi est confié à Seijun, un maître tatoueur chargé de lui apprendre le métier. Des années plus tard, devenu à son tour maître dans l'art du tebori, il reprend la clientèle très particulière de Seijun : des yakuza dont les tatouages, uniques, racontent leurs faits d'armes. Tout se complique lorsqu'il rencontre une jeune femme arborant le même tatouage qu'il a réalisé lui-même sur le dos d'un chef yakusa... S'appuyant sur un graphisme très soigné, Tebori nous plonge dans le monde fascinant du tatouage japonais, en confrontant tradition et modernité de cet art qui se démocratise.
  • Le chagrin des vivants

    Durant cinq jours de novembre 1920 nous suivons trois femmes, Anna, Evelyn et Hettie, d'âges et de milieux différents. Le récit construit par leurs histoires mêlées est rythmé par la progression du cercueil du soldat inconnu du Nord de la France jusqu' à Londres pour une grandiose et cathartique cérémonie du souvenir. Toutes trois vivent dans ces années floues d' après-guerre où chacun essaie de faire son deuil. Ada ignore les circonstances de la mort de son fils et se sent coupable de l'avoir laissé partir à la guerre, Evelyn a perdu son fiancé et occupe sa tristesse en travaillant au bureau des pensions où elle reçoit d'anciens soldats. Quant à Hettie, la plus jeune, elle danse chaque soir au Hammersmith Palais où pour 6 pences elle accompagne des hommes au rythme d'un jazz naissant ; son frère est revenu de la guerre meurtri et mutique. Le titre original du roman est « Wake » qui pourrait se traduire par « se réveiller » ou encore « veiller », Une polysémie qui convient à merveille pour dire la vie de ces trois femmes qui ont du mal à se détacher de leurs disparus mais vont néanmoins réapprendre à vivre. Dans un style d'une étonnante maîtrise pour un premier roman, Anna Hope tisse habilement les fils d'une intrigue où ces femmes vont se croiser sans le savoir et évoque de manière fine leurs sentiments entre deuil et désir de vivre.
  • Pékin pirate

    Xu Zechen, dans ce court roman «coup de poing » à la langue urbaine et crue, dépeint l'univers et le quotidien des précaires qui survivent en vendant des DVD piratés au coin des rues, devant les universités, et parfois même au sein des entreprises : chambrettes ou dortoirs vétustes loués au mois ou à la semaine à des propriétaires sans scrupules, avec qui il faut marchander âprement, manœuvres des policiers qui se font passer pour des clients potentiels, et qu'il faut continuellement déjouer, petites amies étudiantes qui pratiquent la prostitution occasionnelle.C'est le Pékin des laissés pour compte et de la «débrouille », noyé sous les assauts du loess, ce vent venu du désert et chargé de sable, que l'auteur nous laisse entrevoir :  ville tentaculaire et indifférente où seules l'amitié et les marmites mongoles, servies dans des bistrots où s'entassent les clients, réchauffent les coeurs.
  • Solomon Gursky

    Solomon Gursky, le neuvième roman de Mordecai Richler, est certainement le plus ambitieux jamais écrit par l’enfant terrible des lettres montréalaises. L’histoire des Gursky ressemble à une épopée aux accents bibliques qui embrasse le destin de six générations d’immigrants juifs dont les aventures sur les cinq continents se lient inextricablement à l’histoire du Canada. Et Mordecai Richler prend un malin plaisir à brouiller les pistes, multipliant les fils narratifs et les personnages, comme pour mieux laisser croire au lecteur qu’il tient les ficelles de ce vertigineux récit gigogne. Avec brio, il touche au roman noir, puis se ravise et privilégie l’aventure, le conte, la satire sociale ou encore la fresque historique… Personne n’est épargné sous la plume rieuse, parfois acerbe, de l’écrivain. Inutile enfin de chercher à distinguer le vrai du faux dans ce roman-fleuve où l’humour et l’intelligence étrillent avec joie la bêtise et la cupidité des hommes. Dans ce voyage, le chemin vaut autant, si ce n’est plus, que le but à atteindre.
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