Fiction

Le fonds fiction des bibliothèques de Pantin vous invite à la lecture de textes classiques et contemporains de tous les pays.

Romans, bandes-dessinées, poésie, théâtre et textes critiques sont choisis pour vous permettre de découvrir la richesse des créations littéraires.

Pour bénéficier d'un confort visuel des livres en grands caractères sont à votre disposition. Et pour passer la frontière des genres, une sélection de livres lus vous permet d'entendre les interprétations de référence ainsi que des DVD que vous trouverez au nom de l'auteur de fiction dont ils sont adaptés.

Les choix des bibliothécaires

  • Lola Bensky

    Lola Bensky est le double de Lily Brett, née comme l'auteur de parents rescapés d'Auschwitz elle a grandi en Australie et travaille pour un magazine de rock qui l'envoie interwiever les idoles du moment. « Le monde du rock était un monde d'hommes, les seules femmes étaient dans le public. Je voulais simplement écrire les meilleurs portraits possibles ». Et c'est ainsi que Lola/ Lily se retrouve à Londres à parler bigoudis avec Jimi Hendrix tout en l'interrogeant sur dieu et sur sa coiffure. Avec Mick Jagger qui la drague un peu elle parle de la Shoah et admire son réfrigérateur. A New  York Cher lui emprunte ses faux-cils en lui disant qu'elle les lui rendra à Los Angeles.  Lola est faite des souvenirs de Lili et transporte avec elle l'histoire de sa famille, ses complexes de fille un peu trop ronde, et son questionnement sur le monde. Des camps de la mort aux Sixties flamboyantes, Lily Brett tisse un livre émouvant fait de va- et -vient entre le rock, les souvenirs des parents et l'enfance de Lola qui porte sur les jeunes gloires du rock un regard naïf et lucide. 
  • Une forêt d'arbres creux

    Décembre 1941, Terezin, en République Tchèque. La ville abrite un camp de concentration de transit pour déplacer des Juifs tchèques, autrichiens et allemands.Bedrich Fritta, accompagné de sa femme Johanna et de leur fils, arrive dans la ville ghetto. Il intègre le bureau des dessins dont il deviendra responsable. Avec d’autres prisonniers ils vont devoir esquisser les plans du futur four crématoire, future mort pour beaucoup d’entre eux… Ils se réconfortent avec de petits instants volés comme un concert, la vision d’une maison au loin, un instant gagné à la terrasse d’un café, une lecture de poésie, le plaisir de dessiner. Dans cette salle les architectes et dessinateurs se rapprochent en une passion commune. Si leur travail consiste à dessiner les plans du futur crématorium, la nuit ils se réunissent pour figer sur quelques feuilles la réalité du camp. Ils ont l’espoir de pouvoir témoigner au-delà des mascarades officielles prévues. Le soir, en cachette, ils se retrouvent pour dessiner leur quotidien, pour continuer d’espérer, s’évader par leurs croquis, témoigner de leur souffrance.Avec un sujet aussi pesant, Antoine Choplin  parvient à distiller des lueurs d’espoir, des instants de vie, de la passion pour un métier sans gommer l’ombre des barbelés, la douleur des corps fatigués, amaigris, la peur de partir dans ces trains sans retour. Un des dessins de Bedrich illustre d’ailleurs la couverture du livre, il est intitulé « Transport ».
  • Solomon Gursky

    Solomon Gursky, le neuvième roman de Mordecai Richler, est certainement le plus ambitieux jamais écrit par l’enfant terrible des lettres montréalaises. L’histoire des Gursky ressemble à une épopée aux accents bibliques qui embrasse le destin de six générations d’immigrants juifs dont les aventures sur les cinq continents se lient inextricablement à l’histoire du Canada. Et Mordecai Richler prend un malin plaisir à brouiller les pistes, multipliant les fils narratifs et les personnages, comme pour mieux laisser croire au lecteur qu’il tient les ficelles de ce vertigineux récit gigogne. Avec brio, il touche au roman noir, puis se ravise et privilégie l’aventure, le conte, la satire sociale ou encore la fresque historique… Personne n’est épargné sous la plume rieuse, parfois acerbe, de l’écrivain. Inutile enfin de chercher à distinguer le vrai du faux dans ce roman-fleuve où l’humour et l’intelligence étrillent avec joie la bêtise et la cupidité des hommes. Dans ce voyage, le chemin vaut autant, si ce n’est plus, que le but à atteindre.
  • Le chagrin des vivants

    Durant cinq jours de novembre 1920 nous suivons trois femmes, Anna, Evelyn et Hettie, d'âges et de milieux différents. Le récit construit par leurs histoires mêlées est rythmé par la progression du cercueil du soldat inconnu du Nord de la France jusqu' à Londres pour une grandiose et cathartique cérémonie du souvenir. Toutes trois vivent dans ces années floues d' après-guerre où chacun essaie de faire son deuil. Ada ignore les circonstances de la mort de son fils et se sent coupable de l'avoir laissé partir à la guerre, Evelyn a perdu son fiancé et occupe sa tristesse en travaillant au bureau des pensions où elle reçoit d'anciens soldats. Quant à Hettie, la plus jeune, elle danse chaque soir au Hammersmith Palais où pour 6 pences elle accompagne des hommes au rythme d'un jazz naissant ; son frère est revenu de la guerre meurtri et mutique. Le titre original du roman est « Wake » qui pourrait se traduire par « se réveiller » ou encore « veiller », Une polysémie qui convient à merveille pour dire la vie de ces trois femmes qui ont du mal à se détacher de leurs disparus mais vont néanmoins réapprendre à vivre. Dans un style d'une étonnante maîtrise pour un premier roman, Anna Hope tisse habilement les fils d'une intrigue où ces femmes vont se croiser sans le savoir et évoque de manière fine leurs sentiments entre deuil et désir de vivre.
  • Miss Roumanie

    Le roman de Cezar Petrescu (1892-1961), que beaucoup comparent à un Marcel Aymé roumain, a été écrit dans les années 30. Son écriture est agile et poétique et dégage un parfum de profonde mélancolie parfaitement rendu par la traduction de J.-L. Courriol, spécialiste de la littérature roumaine. Les péripéties de cette chronique de mœurs absolument moderne débutent dans la bourgade de Trifouillis-les-Choux, où le journal L’Illustration colorée organise un concours de beauté pour contrer son concurrent. Avec un humour incomparable, l'auteur propose une satire jubilatoire des concours de beauté. Il en fait le symbole de l’avilissement joyeux d’une société qui n’a d’autre souci que de s’amuser après les horreurs de la Première Guerre mondiale. Les personnages sont tour à tour ridicules, odieux, cyniques ou stupides mais jamais ennuyeux. Margareta Lalouche, que son entourage prénomme affectueusement Génissette, en hommage à son intelligence (!) est une jeune provinciale devenue Miss de sa petite ville, puis Miss nationale. Son fiancé Olympiodor Chouravet, poète-cheminot, la noie sous une tonne de missives qu’elle ne prend même pas la peine de lire et va faire, avec elle, le voyage jusqu’à Bucarest pour le plus important moment de leur existence.
Top