Fiction

Le fonds fiction des bibliothèques de Pantin vous invite à la lecture de textes classiques et contemporains de tous les pays.

Romans, bandes-dessinées, poésie, théâtre et textes critiques sont choisis pour vous permettre de découvrir la richesse des créations littéraires.

Pour bénéficier d'un confort visuel des livres en grands caractères sont à votre disposition. Et pour passer la frontière des genres, une sélection de livres lus vous permet d'entendre les interprétations de référence ainsi que des DVD que vous trouverez au nom de l'auteur de fiction dont ils sont adaptés.

Les choix des bibliothécaires

  • Une forêt d'arbres creux

    Décembre 1941, Terezin, en République Tchèque. La ville abrite un camp de concentration de transit pour déplacer des Juifs tchèques, autrichiens et allemands.Bedrich Fritta, accompagné de sa femme Johanna et de leur fils, arrive dans la ville ghetto. Il intègre le bureau des dessins dont il deviendra responsable. Avec d’autres prisonniers ils vont devoir esquisser les plans du futur four crématoire, future mort pour beaucoup d’entre eux… Ils se réconfortent avec de petits instants volés comme un concert, la vision d’une maison au loin, un instant gagné à la terrasse d’un café, une lecture de poésie, le plaisir de dessiner. Dans cette salle les architectes et dessinateurs se rapprochent en une passion commune. Si leur travail consiste à dessiner les plans du futur crématorium, la nuit ils se réunissent pour figer sur quelques feuilles la réalité du camp. Ils ont l’espoir de pouvoir témoigner au-delà des mascarades officielles prévues. Le soir, en cachette, ils se retrouvent pour dessiner leur quotidien, pour continuer d’espérer, s’évader par leurs croquis, témoigner de leur souffrance.Avec un sujet aussi pesant, Antoine Choplin  parvient à distiller des lueurs d’espoir, des instants de vie, de la passion pour un métier sans gommer l’ombre des barbelés, la douleur des corps fatigués, amaigris, la peur de partir dans ces trains sans retour. Un des dessins de Bedrich illustre d’ailleurs la couverture du livre, il est intitulé « Transport ».
  • Le chagrin des vivants

    Durant cinq jours de novembre 1920 nous suivons trois femmes, Anna, Evelyn et Hettie, d'âges et de milieux différents. Le récit construit par leurs histoires mêlées est rythmé par la progression du cercueil du soldat inconnu du Nord de la France jusqu' à Londres pour une grandiose et cathartique cérémonie du souvenir. Toutes trois vivent dans ces années floues d' après-guerre où chacun essaie de faire son deuil. Ada ignore les circonstances de la mort de son fils et se sent coupable de l'avoir laissé partir à la guerre, Evelyn a perdu son fiancé et occupe sa tristesse en travaillant au bureau des pensions où elle reçoit d'anciens soldats. Quant à Hettie, la plus jeune, elle danse chaque soir au Hammersmith Palais où pour 6 pences elle accompagne des hommes au rythme d'un jazz naissant ; son frère est revenu de la guerre meurtri et mutique. Le titre original du roman est « Wake » qui pourrait se traduire par « se réveiller » ou encore « veiller », Une polysémie qui convient à merveille pour dire la vie de ces trois femmes qui ont du mal à se détacher de leurs disparus mais vont néanmoins réapprendre à vivre. Dans un style d'une étonnante maîtrise pour un premier roman, Anna Hope tisse habilement les fils d'une intrigue où ces femmes vont se croiser sans le savoir et évoque de manière fine leurs sentiments entre deuil et désir de vivre.
  • Ondes de Chine

    Cui, le narrateur, est un fervent amateur d'électronique depuis son plus jeune âge : son père travaillait à assembler des postes de radio. A la mort de ce dernier, il se met à hanter l'atelier chaque après-midi après l'école. Un ancien collègue de son père va le prendre sous son aile et lui apprendre patiemment à assembler une radio, composante après composante. Trente ans plus tard, Cui se retrouvé acculé : il doit trouver d'urgence un nouveau logement, et a un besoin pressant d'argent. Par le biais de l'ami d'enfance qui est devenu un ponte de l'industrie textile, il entre en contact avec un riche et mystérieux individu, aux activités floues, qui prétend avoir un budget illimité afin d'acquérir la meilleure chaîne hi-fi possible. Lorsque, après deux mois de travail acharné, Cui arrive chez l'homme, dans une villa gigantesque isolée dans la montagne, afin de procéder à l'installation de la chaîne, il comprend qu'il aurait dû rester à distance de lui. Par le biais de nombreuses références au monde de l'enfance, Ge Fei, né en 1964 et enseignant à l'université Tsinghua de Pékin, livre ici un texte au ton doux et mélancolique, qui prend une tournure inquiétante dans sa deuxième partie, frôlant alors parfois le roman noir ou policier. Les digressions autour de l'acoustique et de la musique classique qui parsèment le roman en rendent la lecture passionnante.
  • Lola Bensky

    Lola Bensky est le double de Lily Brett, née comme l'auteur de parents rescapés d'Auschwitz elle a grandi en Australie et travaille pour un magazine de rock qui l'envoie interwiever les idoles du moment. « Le monde du rock était un monde d'hommes, les seules femmes étaient dans le public. Je voulais simplement écrire les meilleurs portraits possibles ». Et c'est ainsi que Lola/ Lily se retrouve à Londres à parler bigoudis avec Jimi Hendrix tout en l'interrogeant sur dieu et sur sa coiffure. Avec Mick Jagger qui la drague un peu elle parle de la Shoah et admire son réfrigérateur. A New  York Cher lui emprunte ses faux-cils en lui disant qu'elle les lui rendra à Los Angeles.  Lola est faite des souvenirs de Lili et transporte avec elle l'histoire de sa famille, ses complexes de fille un peu trop ronde, et son questionnement sur le monde. Des camps de la mort aux Sixties flamboyantes, Lily Brett tisse un livre émouvant fait de va- et -vient entre le rock, les souvenirs des parents et l'enfance de Lola qui porte sur les jeunes gloires du rock un regard naïf et lucide. 
  • Le mariage de plaisir

    Amir, commerçant prospère de Fès, vient chaque année s'approvisionner au Sénégal. Il y a rencontré Nabou, jeune femme peule de Dakkar entièrement libre dans ses pensées comme dans ses gestes amoureux. A chacune de ses visites, il l'emmène chez des scribes de la mosquée qui rédigent un contrat de mariage provisoire dit «mariage de plaisir » pour être en règle avec sa religion. Pourquoi « mariage de plaisir » l'autre est comment ? « Là-bas, c'est la tradition, ici, c'est la liberté » répond Amir. Fort de la possibilité que lui offre la loi musulmane de pouvoir épouser jusqu'à quatre femmes il entraînera Nabou avec lui à Fès se persuadant que la première épouse comprendra.Le retour à Fès ne sera pas celui promis. Mené sur un mode qui alterne récit et conte dramatique, ce roman est une traduction de l'échec du sentiment amoureux face aux conventions augmentée de la lâcheté d'un homme qui pour satisfaire son plaisir n'hésitera pas à donner en pâture celle dont la peau est noire.
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