Fiction

Le fonds fiction des bibliothèques de Pantin vous invite à la lecture de textes classiques et contemporains de tous les pays.

Romans, bandes-dessinées, poésie, théâtre et textes critiques sont choisis pour vous permettre de découvrir la richesse des créations littéraires.

Pour bénéficier d'un confort visuel des livres en grands caractères sont à votre disposition. Et pour passer la frontière des genres, une sélection de livres lus vous permet d'entendre les interprétations de référence ainsi que des DVD que vous trouverez au nom de l'auteur de fiction dont ils sont adaptés.

Les choix des bibliothécaires

  • J'ai vu un homme

    « L'événement qui bouleversa leur existence survint un samedi après-midi de juin, quelques minutesà peine après que Michael Turner, croyant la maison des Nelson déserte, eut franchit la porte du jardin » Ainsi démarre ce roman qui se transforme en « page turner » aux allures de thriller. Quel est cet événement et pourquoi Michael rentre-t-il dans la maison de ses voisins ? Il a perdu sa femme journaliste tuée par un drone américain au Pakistan et s'est installé après sa mort tout près de chez Josh et Amanda Nelson qui sont devenus ses amis et grâce auxquels il a commencé à se reconstruire. Son cheminement dans la maison est accompagné d'allers et retours dans son histoire, jusqu'à l'événement qui est un des noeuds de l'intrigue. J'ai vu un homme est un roman habilement construit qui nous mène de Michael à Josh, trader dans une grande banque de Londres, et à Daniel, pilote de l'US Air force. Chacun d'eux a vécu un événement dramatique qui les lie à Michael et a profondément transformé le cours de leur vie.
  • Une forêt d'arbres creux

    Décembre 1941, Terezin, en République Tchèque. La ville abrite un camp de concentration de transit pour déplacer des Juifs tchèques, autrichiens et allemands.Bedrich Fritta, accompagné de sa femme Johanna et de leur fils, arrive dans la ville ghetto. Il intègre le bureau des dessins dont il deviendra responsable. Avec d’autres prisonniers ils vont devoir esquisser les plans du futur four crématoire, future mort pour beaucoup d’entre eux… Ils se réconfortent avec de petits instants volés comme un concert, la vision d’une maison au loin, un instant gagné à la terrasse d’un café, une lecture de poésie, le plaisir de dessiner. Dans cette salle les architectes et dessinateurs se rapprochent en une passion commune. Si leur travail consiste à dessiner les plans du futur crématorium, la nuit ils se réunissent pour figer sur quelques feuilles la réalité du camp. Ils ont l’espoir de pouvoir témoigner au-delà des mascarades officielles prévues. Le soir, en cachette, ils se retrouvent pour dessiner leur quotidien, pour continuer d’espérer, s’évader par leurs croquis, témoigner de leur souffrance.Avec un sujet aussi pesant, Antoine Choplin  parvient à distiller des lueurs d’espoir, des instants de vie, de la passion pour un métier sans gommer l’ombre des barbelés, la douleur des corps fatigués, amaigris, la peur de partir dans ces trains sans retour. Un des dessins de Bedrich illustre d’ailleurs la couverture du livre, il est intitulé « Transport ».
  • La cache

    La cache, c'est un réduit exigu où le grand-père de Christophe Boltanski s'est caché après avoir été contraint de porter l'étoile jaune. Pièce par pièce, l'auteur dresse l'inventaire de l'appartement familial où l'artiste Christian Boltanski, Luc le sociologue et Jean-Elie le linguiste qui y habite toujours ont passé leur jeunesse sous la protection de « mère grand ». Une famille soudée par la peur de la séparation et de la disparition, étrange tribu qui quand elle part en vacances dort serrée dans la voiture familiale. « Nous avions peur. De tout, de rien, des autres, de nous-mêmes. De la petite comme de la grande histoire. Des honnêtes gens qui, selon les circonstances  peuvent se muer en criminels. De la réversibilité des hommes et de la vie. Du pire car il est toujours sûr. » Christophe Boltanski est grand reporter ; cette évocation de la maison de la rue de Grenelle où il a beaucoup vécu enfant révèle un grand écrivain.
  • Profession du père

    Dans la France des années 60, Emile, 12 ans, vit en huis clos avec ses parents.Son père est extraordinaire :  héros de la Seconde guerre mondiale, agent secret, il a participé à tous les grands moments de la seconde moitié de XXème siècle et a même été un des membres des Compagnons de la chanson.L'enfant est fasciné par ce père qui lui confie des missions dangereuses (écrire 'OAS' à la craie sur les murs de la ville, porter des lettres anonymes).Il raconte les corrections excessives qu'il lui inflige, la démence qui monte en puissance dans l'appartement familial sans que la mère, malgré son amour pour Emile, ne le défende.Sorj Chalandon livre une histoire intime où, grâce à la narration subtile d'Emile,  le lecteur est pris au jeu et  appréhende progressivement la folie du père. La sidération est à son comble lorsque le garçon à peine adolescent utilise les quelques tactiques apprises par son père pour tenter d'avoir un ami et surtout ne pas perdre la face.
  • Le fracas du temps

    L'auteur a pris pour titre de cette biographie romancée consacrée à Dimitri Chostakovitch (1906-1975) celui d'un ouvrage en prose écrit par son contemporain le grand poète russe Ossip Mandelstam (1891-1938), 'le bruit du temps' ('the noise of time') car le destin de Mandelstam aura été le parfait négatif de celui du compositeur. Si le premier est mort d'avoir voulu résister à Staline, le second aura très mal vécu de ne pas en avoir eu le courage. De courage pourtant Dimitri Chostakovitch n'en manqua pas au début de sa carrière, mais les purges de 1937 puis la guerre auront raison de sa résistance. Contraint de représenter son pays aux Etats-Unis en 1949, il en viendra même à renier sa plus grande idole, Igor Stravinsky et à devenir un peu plus tard membre du parti communiste. C'est le parcours de cet homme ironique et désabusé, victime de ses propres faiblesses autant que de la machine impitoyable qu'il aurait dû affronter, que dresse Julian Barnes sans juger le musicien vieilli et brisé dont la 'lâcheté' admet-il était l' 'unique choix raisonnable'.
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