Fiction

Le fonds fiction des bibliothèques de Pantin vous invite à la lecture de textes classiques et contemporains de tous les pays.

Romans, bandes-dessinées, poésie, théâtre et textes critiques sont choisis pour vous permettre de découvrir la richesse des créations littéraires.

Pour bénéficier d'un confort visuel des livres en grands caractères sont à votre disposition. Et pour passer la frontière des genres, une sélection de livres lus vous permet d'entendre les interprétations de référence ainsi que des DVD que vous trouverez au nom de l'auteur de fiction dont ils sont adaptés.

Les choix des bibliothécaires

  • Pékin pirate

    Xu Zechen, dans ce court roman «coup de poing » à la langue urbaine et crue, dépeint l'univers et le quotidien des précaires qui survivent en vendant des DVD piratés au coin des rues, devant les universités, et parfois même au sein des entreprises : chambrettes ou dortoirs vétustes loués au mois ou à la semaine à des propriétaires sans scrupules, avec qui il faut marchander âprement, manœuvres des policiers qui se font passer pour des clients potentiels, et qu'il faut continuellement déjouer, petites amies étudiantes qui pratiquent la prostitution occasionnelle.C'est le Pékin des laissés pour compte et de la «débrouille », noyé sous les assauts du loess, ce vent venu du désert et chargé de sable, que l'auteur nous laisse entrevoir :  ville tentaculaire et indifférente où seules l'amitié et les marmites mongoles, servies dans des bistrots où s'entassent les clients, réchauffent les coeurs.
  • Fable d'amour

    Et si la fable était le seul mode d'emploi pour raconter aujourd'hui la puissance d'aimer?Deux personnages qu'il serait impossible d'imaginer plus éloignés se rencontrent. Lui clochard sans mémoire, elle une fille merveilleuse. Lui se souvient juste que tout l'avait déçu, qu'il avait abandonné sa vie et qu'il s'était mis à dormir dans la rue, dans le monde vide. Seul un pigeon l'avait élu son seul ami au monde. Elle, elle est belle, «merveilleuse» disent les clochards qui la voient passer puis s'arrêter. «Viens,je t'emmène chez moi» lui dira-t-elle. Il la suivra. Elle le débarrassera de sa crasse, de ses poux, de ses croûtes. Rien ne nous est épargné. Suivent des jours d'amour passionné, puis elle le chassera...Histoire improbable qui peut avoir lieu dans le territoire libre de la fable, mais aussi quelquefois dans la vie? Dans ce récit on trouve à la fois cruauté et douceur, désolation et enchantement, rêve et réalité, vie et mort, qu'on ne peut séparer si on veut (nous dit l'auteur) parler véritablement de l'amour.
  • Le mariage de plaisir

    Amir, commerçant prospère de Fès, vient chaque année s'approvisionner au Sénégal. Il y a rencontré Nabou, jeune femme peule de Dakkar entièrement libre dans ses pensées comme dans ses gestes amoureux. A chacune de ses visites, il l'emmène chez des scribes de la mosquée qui rédigent un contrat de mariage provisoire dit «mariage de plaisir » pour être en règle avec sa religion. Pourquoi « mariage de plaisir » l'autre est comment ? « Là-bas, c'est la tradition, ici, c'est la liberté » répond Amir. Fort de la possibilité que lui offre la loi musulmane de pouvoir épouser jusqu'à quatre femmes il entraînera Nabou avec lui à Fès se persuadant que la première épouse comprendra.Le retour à Fès ne sera pas celui promis. Mené sur un mode qui alterne récit et conte dramatique, ce roman est une traduction de l'échec du sentiment amoureux face aux conventions augmentée de la lâcheté d'un homme qui pour satisfaire son plaisir n'hésitera pas à donner en pâture celle dont la peau est noire.
  • La cache

    La cache, c'est un réduit exigu où le grand-père de Christophe Boltanski s'est caché après avoir été contraint de porter l'étoile jaune. Pièce par pièce, l'auteur dresse l'inventaire de l'appartement familial où l'artiste Christian Boltanski, Luc le sociologue et Jean-Elie le linguiste qui y habite toujours ont passé leur jeunesse sous la protection de « mère grand ». Une famille soudée par la peur de la séparation et de la disparition, étrange tribu qui quand elle part en vacances dort serrée dans la voiture familiale. « Nous avions peur. De tout, de rien, des autres, de nous-mêmes. De la petite comme de la grande histoire. Des honnêtes gens qui, selon les circonstances  peuvent se muer en criminels. De la réversibilité des hommes et de la vie. Du pire car il est toujours sûr. » Christophe Boltanski est grand reporter ; cette évocation de la maison de la rue de Grenelle où il a beaucoup vécu enfant révèle un grand écrivain.
  • La mort de Napoléon

    Simon Leys semble quitter son costume de sinologue et d’historien d’art pour emprunter celui du fabuliste à la lisière de l’uchronie et de la farce en inventant une autre vie à Napoléon.L'empereur ne meurt pas à Sainte-Hélène, un autre tiendra ce rôle. Il regagne Paris en passant par Waterloo : anonyme de plus en plus méconnaissable, il assiste au spectacle de son propre mythe, manipulé ou encensé, et s’agite pour préparer son retour au pouvoir. A Paris, ses qualités de stratège lui vaudront de beaux succès dans le commerce des melons. Si certains le reconnaîtront grâce à ce talent, son identité est constamment malmenée.« La Mort de Napoléon » est un des rares textes de fiction signé Simon Leys ( pseudonyme de Pierre Ryckmans, mort en 2014). Il ravit par son intrigue malicieuse qui entrelace les procédés romanesques (on songe au parcours d’Edmond Dantès) et ceux du conte philosophique. L’écriture sémillante permet d’aborder légèrement des réflexions profondes sur le sens de l’histoire, la question du pouvoir et du statut, en mettant le lecteur face aux affres de la folie et du mensonge qui entourent le héros déchu.
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