Fiction

Le fonds fiction des bibliothèques de Pantin vous invite à la lecture de textes classiques et contemporains de tous les pays.

Romans, bandes-dessinées, poésie, théâtre et textes critiques sont choisis pour vous permettre de découvrir la richesse des créations littéraires.

Pour bénéficier d'un confort visuel des livres en grands caractères sont à votre disposition. Et pour passer la frontière des genres, une sélection de livres lus vous permet d'entendre les interprétations de référence ainsi que des DVD que vous trouverez au nom de l'auteur de fiction dont ils sont adaptés.

Les choix des bibliothécaires

  • Solomon Gursky

    Solomon Gursky, le neuvième roman de Mordecai Richler, est certainement le plus ambitieux jamais écrit par l’enfant terrible des lettres montréalaises. L’histoire des Gursky ressemble à une épopée aux accents bibliques qui embrasse le destin de six générations d’immigrants juifs dont les aventures sur les cinq continents se lient inextricablement à l’histoire du Canada. Et Mordecai Richler prend un malin plaisir à brouiller les pistes, multipliant les fils narratifs et les personnages, comme pour mieux laisser croire au lecteur qu’il tient les ficelles de ce vertigineux récit gigogne. Avec brio, il touche au roman noir, puis se ravise et privilégie l’aventure, le conte, la satire sociale ou encore la fresque historique… Personne n’est épargné sous la plume rieuse, parfois acerbe, de l’écrivain. Inutile enfin de chercher à distinguer le vrai du faux dans ce roman-fleuve où l’humour et l’intelligence étrillent avec joie la bêtise et la cupidité des hommes. Dans ce voyage, le chemin vaut autant, si ce n’est plus, que le but à atteindre.
  • Le tabac Tresniek

    Le Tabac Tresniek dresse à travers le parcours initiatique de Frantz le portrait d'une Autriche divisée et l'éveil d'une conscience. A 17 ans, Frantz quitte les paysages montagneux de Haute-Autriche et la douceur du foyer maternel pour se faire une place à Vienne. Dans son vieux tabac, Otto Tresniek, blessé pendant la guerre, repose sa jambe unique en lisant consciencieusement tous les journaux. Frantz s'adapte tant bien que mal à son nouveau mode de vie. Il lutte contre le mal du pays et la nostalgie de l'enfance qui l'absorbe dès que sa mère lui envoie une carte postale. Happé par mille désirs confus, il rencontre Freud qui lui ouvre la porte de l'âge adulte tandis que la société viennoise est rongée : on fustige Otto Tresniek qui accueille toujours sa clientèle juive. Le jeune homme aux mains de fille construit alors sa conscience d'homme et résiste à sa manière à la montée du national socialisme. La langue de Seethaler est à l'image de Frantz :  naturelle et pourtant saisissante, il maîtrise l'art du récit. A lire aussi du même auteur : Une vie entière.
  • Miss Roumanie

    Le roman de Cezar Petrescu (1892-1961), que beaucoup comparent à un Marcel Aymé roumain, a été écrit dans les années 30. Son écriture est agile et poétique et dégage un parfum de profonde mélancolie parfaitement rendu par la traduction de J.-L. Courriol, spécialiste de la littérature roumaine. Les péripéties de cette chronique de mœurs absolument moderne débutent dans la bourgade de Trifouillis-les-Choux, où le journal L’Illustration colorée organise un concours de beauté pour contrer son concurrent. Avec un humour incomparable, l'auteur propose une satire jubilatoire des concours de beauté. Il en fait le symbole de l’avilissement joyeux d’une société qui n’a d’autre souci que de s’amuser après les horreurs de la Première Guerre mondiale. Les personnages sont tour à tour ridicules, odieux, cyniques ou stupides mais jamais ennuyeux. Margareta Lalouche, que son entourage prénomme affectueusement Génissette, en hommage à son intelligence (!) est une jeune provinciale devenue Miss de sa petite ville, puis Miss nationale. Son fiancé Olympiodor Chouravet, poète-cheminot, la noie sous une tonne de missives qu’elle ne prend même pas la peine de lire et va faire, avec elle, le voyage jusqu’à Bucarest pour le plus important moment de leur existence.
  • La plongée

    Dans ce livre à l'écriture limpide et forte qui porte en épigraphe une citation de Tolstoï «la moralité d’un homme se reconnaît à son attitude envers la parole.», il va être largement question de la manipulation des mots par un régime totalitaire  L’action se passe pendant l’hiver 1949, année où débutent de nouveaux procès à Moscou, dans une maison de repos luxueuse pour écrivains. Officiellement, la narratrice Nina, sorte de double de l'auteur, se repose ou travaille ses traductions, mais en réalité, elle essaie de se plonger dans la rédaction du récit de la disparition de son mari en 1937 et de se libérer ainsi, au moins partiellement, d’un long cauchemar qu'elle nous raconte. Au guichet de la prison, alors qu’elle cherchait à avoir des nouvelles de son mari, on lui a répété sans cesse qu’elle ne pouvait lui parler vu qu'il était condamné à 'dix ans sans droit de correspondance » ; elle a fini par découvrir avec douleur que cela signifiait tout simplement qu’il avait été assassiné par l’État.
  • Lola Bensky

    Lola Bensky est le double de Lily Brett, née comme l'auteur de parents rescapés d'Auschwitz elle a grandi en Australie et travaille pour un magazine de rock qui l'envoie interwiever les idoles du moment. « Le monde du rock était un monde d'hommes, les seules femmes étaient dans le public. Je voulais simplement écrire les meilleurs portraits possibles ». Et c'est ainsi que Lola/ Lily se retrouve à Londres à parler bigoudis avec Jimi Hendrix tout en l'interrogeant sur dieu et sur sa coiffure. Avec Mick Jagger qui la drague un peu elle parle de la Shoah et admire son réfrigérateur. A New  York Cher lui emprunte ses faux-cils en lui disant qu'elle les lui rendra à Los Angeles.  Lola est faite des souvenirs de Lili et transporte avec elle l'histoire de sa famille, ses complexes de fille un peu trop ronde, et son questionnement sur le monde. Des camps de la mort aux Sixties flamboyantes, Lily Brett tisse un livre émouvant fait de va- et -vient entre le rock, les souvenirs des parents et l'enfance de Lola qui porte sur les jeunes gloires du rock un regard naïf et lucide. 
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