Fiction

Le fonds fiction des bibliothèques de Pantin vous invite à la lecture de textes classiques et contemporains de tous les pays.

Romans, bandes-dessinées, poésie, théâtre et textes critiques sont choisis pour vous permettre de découvrir la richesse des créations littéraires.

Pour bénéficier d'un confort visuel des livres en grands caractères sont à votre disposition. Et pour passer la frontière des genres, une sélection de livres lus vous permet d'entendre les interprétations de référence ainsi que des DVD que vous trouverez au nom de l'auteur de fiction dont ils sont adaptés.

Les choix des bibliothécaires

  • Profession du père

    Dans la France des années 60, Emile, 12 ans, vit en huis clos avec ses parents.Son père est extraordinaire :  héros de la Seconde guerre mondiale, agent secret, il a participé à tous les grands moments de la seconde moitié de XXème siècle et a même été un des membres des Compagnons de la chanson.L'enfant est fasciné par ce père qui lui confie des missions dangereuses (écrire 'OAS' à la craie sur les murs de la ville, porter des lettres anonymes).Il raconte les corrections excessives qu'il lui inflige, la démence qui monte en puissance dans l'appartement familial sans que la mère, malgré son amour pour Emile, ne le défende.Sorj Chalandon livre une histoire intime où, grâce à la narration subtile d'Emile,  le lecteur est pris au jeu et  appréhende progressivement la folie du père. La sidération est à son comble lorsque le garçon à peine adolescent utilise les quelques tactiques apprises par son père pour tenter d'avoir un ami et surtout ne pas perdre la face.
  • La faim de Maria Bernabé

    Maria est une jeune fille obèse. Seule, délaissée par son entourage, elle crie sa haine des autres en engloutissant rageusement une tonne de nourriture. Maria vit pour se perdre, pour échapper à ses sentiments. Elle mange pour mourir et ne plus être invisible. Écrit à la première personne ce roman est un cri violent qui bouscule du début à la « faim ».
  • Ondes de Chine

    Cui, le narrateur, est un fervent amateur d'électronique depuis son plus jeune âge : son père travaillait à assembler des postes de radio. A la mort de ce dernier, il se met à hanter l'atelier chaque après-midi après l'école. Un ancien collègue de son père va le prendre sous son aile et lui apprendre patiemment à assembler une radio, composante après composante. Trente ans plus tard, Cui se retrouvé acculé : il doit trouver d'urgence un nouveau logement, et a un besoin pressant d'argent. Par le biais de l'ami d'enfance qui est devenu un ponte de l'industrie textile, il entre en contact avec un riche et mystérieux individu, aux activités floues, qui prétend avoir un budget illimité afin d'acquérir la meilleure chaîne hi-fi possible. Lorsque, après deux mois de travail acharné, Cui arrive chez l'homme, dans une villa gigantesque isolée dans la montagne, afin de procéder à l'installation de la chaîne, il comprend qu'il aurait dû rester à distance de lui. Par le biais de nombreuses références au monde de l'enfance, Ge Fei, né en 1964 et enseignant à l'université Tsinghua de Pékin, livre ici un texte au ton doux et mélancolique, qui prend une tournure inquiétante dans sa deuxième partie, frôlant alors parfois le roman noir ou policier. Les digressions autour de l'acoustique et de la musique classique qui parsèment le roman en rendent la lecture passionnante.
  • La plongée

    Dans ce livre à l'écriture limpide et forte qui porte en épigraphe une citation de Tolstoï «la moralité d’un homme se reconnaît à son attitude envers la parole.», il va être largement question de la manipulation des mots par un régime totalitaire  L’action se passe pendant l’hiver 1949, année où débutent de nouveaux procès à Moscou, dans une maison de repos luxueuse pour écrivains. Officiellement, la narratrice Nina, sorte de double de l'auteur, se repose ou travaille ses traductions, mais en réalité, elle essaie de se plonger dans la rédaction du récit de la disparition de son mari en 1937 et de se libérer ainsi, au moins partiellement, d’un long cauchemar qu'elle nous raconte. Au guichet de la prison, alors qu’elle cherchait à avoir des nouvelles de son mari, on lui a répété sans cesse qu’elle ne pouvait lui parler vu qu'il était condamné à 'dix ans sans droit de correspondance » ; elle a fini par découvrir avec douleur que cela signifiait tout simplement qu’il avait été assassiné par l’État.
  • Le fracas du temps

    L'auteur a pris pour titre de cette biographie romancée consacrée à Dimitri Chostakovitch (1906-1975) celui d'un ouvrage en prose écrit par son contemporain le grand poète russe Ossip Mandelstam (1891-1938), 'le bruit du temps' ('the noise of time') car le destin de Mandelstam aura été le parfait négatif de celui du compositeur. Si le premier est mort d'avoir voulu résister à Staline, le second aura très mal vécu de ne pas en avoir eu le courage. De courage pourtant Dimitri Chostakovitch n'en manqua pas au début de sa carrière, mais les purges de 1937 puis la guerre auront raison de sa résistance. Contraint de représenter son pays aux Etats-Unis en 1949, il en viendra même à renier sa plus grande idole, Igor Stravinsky et à devenir un peu plus tard membre du parti communiste. C'est le parcours de cet homme ironique et désabusé, victime de ses propres faiblesses autant que de la machine impitoyable qu'il aurait dû affronter, que dresse Julian Barnes sans juger le musicien vieilli et brisé dont la 'lâcheté' admet-il était l' 'unique choix raisonnable'.
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