Fiction

Le fonds fiction des bibliothèques de Pantin vous invite à la lecture de textes classiques et contemporains de tous les pays.

Romans, bandes-dessinées, poésie, théâtre et textes critiques sont choisis pour vous permettre de découvrir la richesse des créations littéraires.

Pour bénéficier d'un confort visuel des livres en grands caractères sont à votre disposition. Et pour passer la frontière des genres, une sélection de livres lus vous permet d'entendre les interprétations de référence ainsi que des DVD que vous trouverez au nom de l'auteur de fiction dont ils sont adaptés.

Les choix des bibliothécaires

  • Seul l'assassin est innocent

    Le titre français est plus parlant que le titre original : Bunügy / Le criminel.L'auteur, élève de Béla Bartók et de Zoltán Kodály, écrit ce thriller psychologique en 1941. «Quelque chose de pesant, d’angoissant flottait dans l’air de l’appartement. Quelque chose de tellement épouvantable et sinistre qu’on aurait voulu hurler de terreur, comme si des fauves inconnus se tenaient aux aguets quelque part aux environs, prêts à bondir, avides de sang frais et de tiède chair humaine.»L'action se déroule sur une seule journée dans huis-clos d'une maison bourgeoise hongroise. Le roman surprend par sa modernité, son humour, sa noirceur.
  • Ondes de Chine

    Cui, le narrateur, est un fervent amateur d'électronique depuis son plus jeune âge : son père travaillait à assembler des postes de radio. A la mort de ce dernier, il se met à hanter l'atelier chaque après-midi après l'école. Un ancien collègue de son père va le prendre sous son aile et lui apprendre patiemment à assembler une radio, composante après composante. Trente ans plus tard, Cui se retrouvé acculé : il doit trouver d'urgence un nouveau logement, et a un besoin pressant d'argent. Par le biais de l'ami d'enfance qui est devenu un ponte de l'industrie textile, il entre en contact avec un riche et mystérieux individu, aux activités floues, qui prétend avoir un budget illimité afin d'acquérir la meilleure chaîne hi-fi possible. Lorsque, après deux mois de travail acharné, Cui arrive chez l'homme, dans une villa gigantesque isolée dans la montagne, afin de procéder à l'installation de la chaîne, il comprend qu'il aurait dû rester à distance de lui. Par le biais de nombreuses références au monde de l'enfance, Ge Fei, né en 1964 et enseignant à l'université Tsinghua de Pékin, livre ici un texte au ton doux et mélancolique, qui prend une tournure inquiétante dans sa deuxième partie, frôlant alors parfois le roman noir ou policier. Les digressions autour de l'acoustique et de la musique classique qui parsèment le roman en rendent la lecture passionnante.
  • Profession du père

    Dans la France des années 60, Emile, 12 ans, vit en huis clos avec ses parents.Son père est extraordinaire :  héros de la Seconde guerre mondiale, agent secret, il a participé à tous les grands moments de la seconde moitié de XXème siècle et a même été un des membres des Compagnons de la chanson.L'enfant est fasciné par ce père qui lui confie des missions dangereuses (écrire 'OAS' à la craie sur les murs de la ville, porter des lettres anonymes).Il raconte les corrections excessives qu'il lui inflige, la démence qui monte en puissance dans l'appartement familial sans que la mère, malgré son amour pour Emile, ne le défende.Sorj Chalandon livre une histoire intime où, grâce à la narration subtile d'Emile,  le lecteur est pris au jeu et  appréhende progressivement la folie du père. La sidération est à son comble lorsque le garçon à peine adolescent utilise les quelques tactiques apprises par son père pour tenter d'avoir un ami et surtout ne pas perdre la face.
  • Pékin pirate

    Xu Zechen, dans ce court roman «coup de poing » à la langue urbaine et crue, dépeint l'univers et le quotidien des précaires qui survivent en vendant des DVD piratés au coin des rues, devant les universités, et parfois même au sein des entreprises : chambrettes ou dortoirs vétustes loués au mois ou à la semaine à des propriétaires sans scrupules, avec qui il faut marchander âprement, manœuvres des policiers qui se font passer pour des clients potentiels, et qu'il faut continuellement déjouer, petites amies étudiantes qui pratiquent la prostitution occasionnelle.C'est le Pékin des laissés pour compte et de la «débrouille », noyé sous les assauts du loess, ce vent venu du désert et chargé de sable, que l'auteur nous laisse entrevoir :  ville tentaculaire et indifférente où seules l'amitié et les marmites mongoles, servies dans des bistrots où s'entassent les clients, réchauffent les coeurs.
  • Miss Roumanie

    Le roman de Cezar Petrescu (1892-1961), que beaucoup comparent à un Marcel Aymé roumain, a été écrit dans les années 30. Son écriture est agile et poétique et dégage un parfum de profonde mélancolie parfaitement rendu par la traduction de J.-L. Courriol, spécialiste de la littérature roumaine. Les péripéties de cette chronique de mœurs absolument moderne débutent dans la bourgade de Trifouillis-les-Choux, où le journal L’Illustration colorée organise un concours de beauté pour contrer son concurrent. Avec un humour incomparable, l'auteur propose une satire jubilatoire des concours de beauté. Il en fait le symbole de l’avilissement joyeux d’une société qui n’a d’autre souci que de s’amuser après les horreurs de la Première Guerre mondiale. Les personnages sont tour à tour ridicules, odieux, cyniques ou stupides mais jamais ennuyeux. Margareta Lalouche, que son entourage prénomme affectueusement Génissette, en hommage à son intelligence (!) est une jeune provinciale devenue Miss de sa petite ville, puis Miss nationale. Son fiancé Olympiodor Chouravet, poète-cheminot, la noie sous une tonne de missives qu’elle ne prend même pas la peine de lire et va faire, avec elle, le voyage jusqu’à Bucarest pour le plus important moment de leur existence.
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