Fiction

Le fonds fiction des bibliothèques de Pantin vous invite à la lecture de textes classiques et contemporains de tous les pays.

Romans, bandes-dessinées, poésie, théâtre et textes critiques sont choisis pour vous permettre de découvrir la richesse des créations littéraires.

Pour bénéficier d'un confort visuel des livres en grands caractères sont à votre disposition. Et pour passer la frontière des genres, une sélection de livres lus vous permet d'entendre les interprétations de référence ainsi que des DVD que vous trouverez au nom de l'auteur de fiction dont ils sont adaptés.

Les choix des bibliothécaires

  • Seul l'assassin est innocent

    Le titre français est plus parlant que le titre original : Bunügy / Le criminel.L'auteur, élève de Béla Bartók et de Zoltán Kodály, écrit ce thriller psychologique en 1941. «Quelque chose de pesant, d’angoissant flottait dans l’air de l’appartement. Quelque chose de tellement épouvantable et sinistre qu’on aurait voulu hurler de terreur, comme si des fauves inconnus se tenaient aux aguets quelque part aux environs, prêts à bondir, avides de sang frais et de tiède chair humaine.»L'action se déroule sur une seule journée dans huis-clos d'une maison bourgeoise hongroise. Le roman surprend par sa modernité, son humour, sa noirceur.
  • Soundtrack

    Exilés sur une île où ils jouissent d une paix sans entraves Hitsujiko et Touta vont bientôt être confrontés à une grande  violence. Des hommes armés débarquent afin d'exterminer les chèvres sauvages peuplant l'île car ils les jugent néfastes pour son écosystème. Les deux enfants sont ramenés de force à Tokyo et pris en charge par un couple à la retraite, mais leur réadaptation à la vie en société sera plus complexe que prévue : l'expérience de liberté totale qu'ils ont connue les a irrémédiablement marqués. Ainsi, Touta, associal et mutique, va subsister à Tokyo en errant de chantier en chantier, dormant dans les bus nocturnes. Hitsujiko, elle, n'arrive à exister pleinement que par le biais du mouvement libérateur, et donc de la danse. A l'adolescence, ils vont se perdre de vue. Dans ce roman fleuve au ton apocalyptique (Tokyo, soumise au réchauffement climatique, est au bord de l'implosion), Hideo Furukawa, né en 1966, emprunte à Haruki Murakami, dont il se considère le plus fervent disciple et héritier, le réalisme fantastique teinté de poésie qui est sa marque de fabrique, pour une œuvre ambitieuse et éclatée, à l'écriture kaléidoscopique.                   
  • La faim de Maria Bernabé

    Maria est une jeune fille obèse. Seule, délaissée par son entourage, elle crie sa haine des autres en engloutissant rageusement une tonne de nourriture. Maria vit pour se perdre, pour échapper à ses sentiments. Elle mange pour mourir et ne plus être invisible. Écrit à la première personne ce roman est un cri violent qui bouscule du début à la « faim ».
  • La plongée

    Dans ce livre à l'écriture limpide et forte qui porte en épigraphe une citation de Tolstoï «la moralité d’un homme se reconnaît à son attitude envers la parole.», il va être largement question de la manipulation des mots par un régime totalitaire  L’action se passe pendant l’hiver 1949, année où débutent de nouveaux procès à Moscou, dans une maison de repos luxueuse pour écrivains. Officiellement, la narratrice Nina, sorte de double de l'auteur, se repose ou travaille ses traductions, mais en réalité, elle essaie de se plonger dans la rédaction du récit de la disparition de son mari en 1937 et de se libérer ainsi, au moins partiellement, d’un long cauchemar qu'elle nous raconte. Au guichet de la prison, alors qu’elle cherchait à avoir des nouvelles de son mari, on lui a répété sans cesse qu’elle ne pouvait lui parler vu qu'il était condamné à 'dix ans sans droit de correspondance » ; elle a fini par découvrir avec douleur que cela signifiait tout simplement qu’il avait été assassiné par l’État.
  • Le chagrin des vivants

    Durant cinq jours de novembre 1920 nous suivons trois femmes, Anna, Evelyn et Hettie, d'âges et de milieux différents. Le récit construit par leurs histoires mêlées est rythmé par la progression du cercueil du soldat inconnu du Nord de la France jusqu' à Londres pour une grandiose et cathartique cérémonie du souvenir. Toutes trois vivent dans ces années floues d' après-guerre où chacun essaie de faire son deuil. Ada ignore les circonstances de la mort de son fils et se sent coupable de l'avoir laissé partir à la guerre, Evelyn a perdu son fiancé et occupe sa tristesse en travaillant au bureau des pensions où elle reçoit d'anciens soldats. Quant à Hettie, la plus jeune, elle danse chaque soir au Hammersmith Palais où pour 6 pences elle accompagne des hommes au rythme d'un jazz naissant ; son frère est revenu de la guerre meurtri et mutique. Le titre original du roman est « Wake » qui pourrait se traduire par « se réveiller » ou encore « veiller », Une polysémie qui convient à merveille pour dire la vie de ces trois femmes qui ont du mal à se détacher de leurs disparus mais vont néanmoins réapprendre à vivre. Dans un style d'une étonnante maîtrise pour un premier roman, Anna Hope tisse habilement les fils d'une intrigue où ces femmes vont se croiser sans le savoir et évoque de manière fine leurs sentiments entre deuil et désir de vivre.
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